{"id":1234,"date":"2012-07-23T16:50:00","date_gmt":"2012-07-23T16:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/?p=1234"},"modified":"2012-07-23T16:50:00","modified_gmt":"2012-07-23T16:50:00","slug":"pas-decole-democratique-sans-instruction-polytechnique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/2012\/07\/23\/pas-decole-democratique-sans-instruction-polytechnique\/","title":{"rendered":"Pas d&#039;\u00e9cole d\u00e9mocratique sans instruction polytechnique"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;enseignement polytechnique tourne le dos aussi bien &agrave; l&rsquo;enseignement g&eacute;n&eacute;ral actuel, qui ignore et m&eacute;prise l&rsquo;acte productif, qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;enseignement professionnel pr&eacute;coce, qui enferme le jeune dans une sp&eacute;cialisation &eacute;troite. L&rsquo;enseignement polytechnique vise &agrave; r&eacute;concilier l&rsquo;homme consommateur et producteur avec l&rsquo;homme cr&eacute;ateur d&rsquo;outils. <em>Par <strong>Nico Hirtt<\/strong><\/em><\/p>\n<div style=\"text-align: center;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><em>T&eacute;l&eacute;chargez cet article au format PDF :<\/em><\/p>\n<dl>\n<dt><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/IMG\/pdf\/Ecole_polytechnique.pdf\" title=\"PDF - 214.7 ko\" type=\"application\/pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"PDF - 214.7 ko\" class=\"aligncenter\" height=\"52\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/local\/cache-vignettes\/L52xH52\/pdf-eb697.png\" width=\"52\" \/><\/a><\/dt>\n<dt>&nbsp;<\/dt>\n<dt><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401\"><strong>L&#39;article d&#39;origine sur le site de &quot;L&#39;&eacute;cole d&eacute;mocratique&quot;<\/strong><\/a><\/dt>\n<dt>&nbsp;<\/dt>\n<\/dl>\n<p>\t<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">En 2006 nous &eacute;crivions, sous le titre <em>&laquo; Une formation g&eacute;n&eacute;rale et polytechnique pour tous &raquo;<\/em> [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb1\" id=\"nh1\" rel=\"footnote\" title=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article341\">1<\/a>] :<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><em>&laquo; Nous voulons que tous atteignent les comp&eacute;tences et savoirs de base (math, lecture, langues &eacute;trang&egrave;res), que tous acqui&egrave;rent une culture commune de haut niveau (histoire, g&eacute;ographie, sciences, litt&eacute;rature, arts, philosophie, etc.), que tous soient initi&eacute;s aux technologies de la production et de la vie quotidienne (TIC, sant&eacute;, &eacute;lectricit&eacute; domestique, agriculture, industrie&hellip;), que tous re&ccedil;oivent une &eacute;ducation physique et une formation sportive. Nous sommes attach&eacute;s enfin &agrave; une d&eacute;couverte et &agrave; une valorisation de l&rsquo;acte productif, pas seulement les divers m&eacute;tiers, mais aussi l&rsquo;activit&eacute; associative, le jardinage, etc. Bref, autre chose que regarder la t&eacute;l&eacute;. Cette formation g&eacute;n&eacute;rale et polytechnique pour tous entre 6 et 15 ans implique bien l&rsquo;abandon de toute sp&eacute;cialisation professionnelle avant l&rsquo;&acirc;ge de 16 ans. &raquo;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Il &eacute;tait temps de pr&eacute;ciser ce concept de formation polytechnique&#8230;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left;\">Soci&eacute;t&eacute;, technologie et &eacute;ducation<\/h3>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>1. L&rsquo;homme, cr&eacute;ateur et transmetteur de culture technique <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le propre de l&rsquo;homme n&rsquo;est pas d&rsquo;utiliser des outils. De tr&egrave;s nombreuses esp&egrave;ces animales se servent de pierres, de b&acirc;tons ou de feuilles pour transformer la nature selon leurs besoins, pour ouvrir une noix avec un caillou, pour construire un nid avec des brindilles. Le propre de l&rsquo;homme, l&rsquo; &laquo; Homo faber &raquo; de Benjamin Franklin, est de fabriquer, et mieux encore : de concevoir, ses outils. Si les australopith&egrave;ques r&eacute;cents cassaient d&eacute;j&agrave; des pierres avec l&rsquo;intention d&rsquo;y trouver des &eacute;clats utilisables, seul Homo habilis semble &ecirc;tre parvenu &agrave; fabriquer des outils en pierre fa&ccedil;onn&eacute;s volontairement en vue de t&acirc;ches sp&eacute;cifiques [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb2\" id=\"nh2\" rel=\"footnote\" title=\"Coppens &amp; Picq, 2002. Aux origines de l\u2019humanit\u00e9, Fayard. p (...)\">2<\/a>]. Jusqu&rsquo;il y a peu &mdash;&agrave; l&rsquo;&eacute;chelle des millions d&rsquo;ann&eacute;es de son existence &mdash; l&rsquo;homme a v&eacute;cu en harmonie avec sa culture technologique, la d&eacute;veloppant sans cesse, la transmettant de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration par l&rsquo;&eacute;ducation, cette autre caract&eacute;ristique essentielle de notre esp&egrave;ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;instruction technique se trouve ainsi au c&oelig;ur de notre &laquo; humanitude &raquo;, de notre &laquo; conscience d&rsquo;appartenir &agrave; l&rsquo;esp&egrave;ce humaine &raquo; (A. Jacquard). Au sein des collectivit&eacute;s primitives, une sp&eacute;cialisation s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute;e petit &agrave; petit, au fur et &agrave; mesure que les techniques devenaient plus nombreuses ou plus complexes. Mais, pour l&rsquo;essentiel, chaque producteur continuait de ma&icirc;triser le processus de production qu&rsquo;il mettait en &oelig;uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">A partir d&rsquo;environ 9000 av. J.C., le d&eacute;veloppement de l&rsquo;agriculture et la s&eacute;dentarisation donn&egrave;rent naissance &agrave; de nouveaux rapports techniques et sociaux de production. Dans les villages c&eacute;r&eacute;aliers de la civilisation de l&rsquo;Obeid, en M&eacute;sopotamie (VIe-Ve mill&eacute;naires), l&rsquo;accumulation locale de richesses produisit l&rsquo;&eacute;mergence des premi&egrave;res classes sociales et des premi&egrave;res chefferies. Les fouilles r&eacute;centes r&eacute;v&egrave;lent l&rsquo;&eacute;volution des in&eacute;galit&eacute;s dans l&rsquo;architecture : &laquo; des notables &eacute;mergent et une &eacute;lite commence &agrave; se distinguer de la masse des villageois. L&rsquo;organisation sociale repose d&eacute;sormais sur la pr&eacute;dominance d&rsquo;un clan sur les autres &raquo; [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb3\" id=\"nh3\" rel=\"footnote\" title=\"Huot, J., 2004. Une arch\u00e9ologie des peuples du Proche-Orient (Tome I), Paris (...)\">3<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Quand la d&eacute;couverte de la m&eacute;tallurgie vint d&eacute;cupler les forces productives, cette division en classes sociales &eacute;tait d&eacute;j&agrave; bien install&eacute;e. Avec elle, des masses d&rsquo;hommes, de femmes, d&rsquo;enfants furent abaiss&eacute;s au rang de simples forces de travail, exploit&eacute;es par des propri&eacute;taires de mines ou de terres. D&rsquo;autres, les artisans, les agriculteurs, les &eacute;leveurs, vivaient toujours du produit de leur propre travail, bien que celui-ci fut de plus en plus sp&eacute;cialis&eacute;. Mais malgr&eacute; la division en classes sociales, malgr&eacute; la sp&eacute;cialisation, la majorit&eacute; des producteurs continu&egrave;rent g&eacute;n&eacute;ralement &agrave; rester les &laquo; ma&icirc;tres &raquo; de leur outils, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;en &ecirc;tre toujours les propri&eacute;taires : ils maniaient l&rsquo;outil, lui imprimaient leur rythme, en comprenaient souvent le fonctionnement et la fabrication&#8230; Ce constat reste vrai pour le serf ou le paysan pauvre du Moyen-Age, pour l&rsquo;ouvrier et pour l&rsquo;artisan des villes de la Renaissance et m&ecirc;me pour l&rsquo;ouvrier des premi&egrave;res manufactures.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>2. La division capitaliste du travail asservit le travailleur &agrave; des processus techniques impos&eacute;s de l&rsquo;ext&eacute;rieur et inaccessibles<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ce n&rsquo;est qu&rsquo;avec le passage &agrave; l&rsquo;industrie capitaliste, &agrave; partir de la fin du XVIIIe si&egrave;cle, que la division du travail fut r&eacute;ellement pouss&eacute;e &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me. L&rsquo;industrialisation et le machinisme &eacute;tablirent une barri&egrave;re, &agrave; la fois sociale et intellectuelle, entre la conception des techniques de production et leur utilisation. D&eacute;sormais, le prol&eacute;taire n&rsquo;agit plus que sous les imp&eacute;ratifs de lois (&eacute;conomiques, techniques, scientifiques&#8230;) qui &eacute;chappent &agrave; sa compr&eacute;hension. Il n&rsquo;impose plus son rythme &agrave; la machine, c&rsquo;est la machine qui lui impose le sien. La non qualification de l&rsquo;ouvrier, son ignorance, son abrutissement, deviennent bient&ocirc;t la condition de son &laquo; employabilit&eacute; &raquo; dans le processus de production.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Marx : &laquo; La machine, qui poss&egrave;de le merveilleux pouvoir d&rsquo;abr&eacute;ger le travail et de le rendre plus productif, suscite l&rsquo;&eacute;tiolement de la force de travail en m&ecirc;me temps qu&rsquo;elle la suce jusqu&rsquo;&agrave; la moelle. (&#8230;) Il appara&icirc;t m&ecirc;me que la sereine lumi&egrave;re de la science ne puisse briller que sur l&rsquo;arri&egrave;re-fond de l&rsquo;ignorance. Toutes nos inventions et tous nos progr&egrave;s ne paraissent avoir d&rsquo;autre r&eacute;sultat que de doter de vie et d&rsquo;intelligence les forces mat&eacute;rielles, et d&rsquo;ab&ecirc;tir l&rsquo;homme en le ravalant au niveau d&rsquo;une force purement physique &raquo;. [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb4\" id=\"nh4\" rel=\"footnote\" title=\"Marx, K., Discours prononc\u00e9 lors de la comm\u00e9moration de l\u2019anniversaire de (...)\">4<\/a>]<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;innovation technique n&rsquo;est plus un moyen d&rsquo;all&eacute;ger le travail de l&rsquo;homme, elle ne sert plus qu&rsquo;&agrave; augmenter le taux de profit du capitaliste et, parall&egrave;lement, le degr&eacute; d&rsquo;exploitation du travailleur. L&rsquo;homme en arrive finalement &agrave; se retourner contre la science, contre la technique, qu&rsquo;il per&ccedil;oit &mdash; souvent erron&eacute;ment &mdash; comme la cause de ses malheurs et de son ch&ocirc;mage. Mais en s&rsquo;opposant &agrave; la technique, l&rsquo;homme se tourne contre lui-m&ecirc;me, contre ce qui, durant des mill&eacute;naires, a fait son humanit&eacute;. &laquo; L&rsquo;homme est rendu &eacute;tranger &agrave; l&rsquo;homme &raquo; (Marx). ?<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>3. Le capitalisme a d&eacute;truit les formes traditionnelles de transmission de la culture technique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Jusqu&rsquo;au d&eacute;but du XIXe si&egrave;cle, la forme principale de transmission de la culture technique &eacute;tait l&rsquo;apprentissage, formel ou informel. Dans les r&eacute;gions rurales, l&rsquo;enfant apprenait aupr&egrave;s des a&icirc;n&eacute;s toutes les techniques, les savoirs et les savoir-faire requis par l&rsquo;activit&eacute; de la ferme ou par l&rsquo;artisanat des parents ; en hiver, il aidait &agrave; l&rsquo;entretien et &agrave; la r&eacute;paration des outils. En ville, chez les ouvriers, cet apprentissage prenait parfois un caract&egrave;re plus formel. L&rsquo;enfant &eacute;tait alors plac&eacute; chez un ma&icirc;tre qui lui transmettait ses connaissances techniques, lui apprenait un m&eacute;tier, mais qui assurait aussi bien souvent sa &laquo; socialisation &raquo; : il lui enseignait comment s&rsquo;exprimer correctement, lui inculquait des r&egrave;gles de morale et de conduite, il lui apprenait m&ecirc;me parfois &agrave; lire et &agrave; &eacute;crire.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Mais l&rsquo;av&egrave;nement du capitalisme industriel et, plus sp&eacute;cifiquement, du machinisme, a entra&icirc;n&eacute; l&rsquo;urbanisation et la prol&eacute;tarisation massive des classes pauvres. Et elle a transform&eacute; l&rsquo;ouvrier en un appendice de la machine, dont on requiert moins de qualification. D&egrave;s lors, la famille rurale traditionnelle commence &agrave; dispara&icirc;tre et, dans les villes, l&rsquo;apprentissage subit un recul important.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s le d&eacute;clin de ces lieux traditionnels d&rsquo;instruction et de formation, mais aussi de socialisation, face &agrave; la mont&eacute;e subs&eacute;quente de la d&eacute;linquance et de la d&eacute;pravation des m&oelig;urs, que la classe bourgeoise d&eacute;cidera enfin, &agrave; partir du milieu du XIXe si&egrave;cle, d&rsquo;envoyer les enfants du peuple se faire &eacute;duquer et socialiser &agrave; l&rsquo;&eacute;cole.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>4. Depuis qu&rsquo;il s&rsquo;est empar&eacute; de la consommation de masse, le capitalisme moderne a mythifi&eacute; la technologie afin de cr&eacute;er des besoins artificiels et soutenir la croissance<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Depuis la deuxi&egrave;me moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle, avec l&rsquo;entr&eacute;e dans la &laquo; soci&eacute;t&eacute; de consommation &raquo;, le capitalisme a franchi un pas suppl&eacute;mentaire dans l&rsquo;ali&eacute;nation de l&rsquo;homme envers la technologie. D&eacute;sormais, ce n&rsquo;est plus seulement comme travailleur, mais aussi dans sa vie quotidienne, qu&rsquo;il a perdu la ma&icirc;trise de son environnement technique. L&rsquo;objet technologique a &eacute;t&eacute; enrob&eacute; d&rsquo;une mystique qui le rend tout &agrave; la fois &eacute;tranger, incompr&eacute;hensible, et infiniment d&eacute;sirable en tant qu&rsquo;objet de convoitise et de possession. La technologie sert d&eacute;sormais &agrave; cr&eacute;er ce que Herbert Marcuse appelait de &laquo; faux besoins &raquo; et dont il d&eacute;crivait en ces termes la dimension id&eacute;ologique : &laquo; Les moyens de transport, les communications de masse, les facilit&eacute;s de logement, de nourriture et d&rsquo;habillement, une production de plus en plus envahissante de l&rsquo;industrie des loisirs et de l&rsquo;information, impliquent des attitudes et des habitudes impos&eacute;es et certaines r&eacute;actions intellectuelles et &eacute;motionnelles qui lient les consommateurs aux producteurs (&#8230;) Les produits endoctrinent et conditionnent ; ils fa&ccedil;onnent une fausse conscience, insensible &agrave; ce qu&rsquo;elle a de faux. Et quand ces produits avantageux deviennent accessibles &agrave; un plus grand nombre d&rsquo;individus dans des classes sociales plus nombreuses, les valeurs de la publicit&eacute; cr&eacute;ent une mani&egrave;re de vivre. (&#8230;) Ainsi prennent forme la pens&eacute;e et les comportements unidimensionnels &raquo; [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb5\" id=\"nh5\" rel=\"footnote\" title=\"Marcuse, H., 1964. L\u2019homme unidimensionnel : essai sur l\u2019id\u00e9ologie de la (...)\">5<\/a>]<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Comme l&rsquo;&eacute;crivait, plus r&eacute;cemment, Andr&eacute; Lebeau : &laquo; L&rsquo;offre technique suscite une extension de la demande, qu&rsquo;elle soit individuelle ou collective, bien au-del&agrave; de ce qu&rsquo;exige la satisfaction des besoins &eacute;l&eacute;mentaires. &raquo; [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb6\" id=\"nh6\" rel=\"footnote\" title=\"Andr\u00e9 Lebeau, L\u2019enfermement plan\u00e9taire, Le D\u00e9bat\/Gallimard, 2008, p. (...)\">6<\/a>]<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;homme &eacute;tait un concepteur de techniques. Le capitalisme veut en faire un consommateur-adorateur de technologies. Ce faisant, il cr&eacute;e de la technologie, non pas pour r&eacute;pondre aux besoins les plus pressants de l&rsquo;humanit&eacute;, mais uniquement en fonction de la capacit&eacute; d&rsquo;en induire le besoin chez les personnes solvables.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>5. L&rsquo;&eacute;cole actuelle reproduit et entretient cette double ali&eacute;nation<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;ali&eacute;nation, la d&eacute;shumanisation de nos rapports &agrave; la technologie, nous la retrouvons forc&eacute;ment aussi dans l&rsquo;&eacute;cole, qui est &agrave; l&rsquo;image de la soci&eacute;t&eacute; dont elle est issue et qu&rsquo;elle sert. La technologie n&rsquo;y est pr&eacute;sente que dans la mesure o&ugrave; elle r&eacute;pond aux stricts besoins d&rsquo;une formation sp&eacute;cialis&eacute;e (dans l&rsquo;enseignement qualifiant) ou &agrave; l&rsquo;adaptation du producteur et du consommateur aux &eacute;volutions du march&eacute;.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Malgr&eacute; quelques timides tentatives d&rsquo;introduction de cours de technologie pour tous, le rapport scolaire &agrave; la technique a &eacute;t&eacute; souvent r&eacute;duit &agrave; la ma&icirc;trise passive des outils et confin&eacute; dans des fili&egrave;res de rel&eacute;gation. Ainsi, l&rsquo;acte productif se trouve stigmatis&eacute; comme &laquo; vulgaire &raquo;, r&eacute;serv&eacute; &agrave; ceux qui n&rsquo;auront pas r&eacute;ussi dans les fili&egrave;res r&eacute;put&eacute;es &laquo; nobles &raquo;. Seules quelques &eacute;lites universitaires ont droit &agrave; une formation de type &laquo; polytechnique &raquo;, essentiellement th&eacute;orique, mais qui permet aux futurs dirigeants de jeter un regard d&rsquo;ensemble sur les processus de production. Ils s&rsquo;en servent pour assurer leur domination de classe.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;introduction des technologies de l&rsquo;information et de la communication (TIC) dans les &eacute;coles nous offre un exemple frappant des rapports de l&rsquo;&eacute;cole &agrave; la technique. Vers la fin des ann&eacute;es 1980, quelques p&eacute;dagogues &eacute;clair&eacute;s avaient tent&eacute; d&rsquo;introduire l&rsquo;ordinateur &agrave; l&rsquo;&eacute;cole comme outil p&eacute;dagogique. Ils utilisaient par exemple des langages de programmation simples (Logo) pour d&eacute;velopper la capacit&eacute; d&rsquo;analyse et d&rsquo;abstraction des &eacute;l&egrave;ves. Ainsi, l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve p&eacute;n&eacute;trait au c&oelig;ur de cette technologie nouvelle : il en appr&eacute;hendait l&rsquo;essence en comprenant ce que signifie le traitement automatis&eacute; et programm&eacute; de l&rsquo;information. Mais tr&egrave;s rapidement, surtout &agrave; partir du milieu des ann&eacute;es 90, ce louable objectif fut d&eacute;pass&eacute; par un double enjeu &eacute;conomique des TIC scolaires. Premi&egrave;rement, si le march&eacute; du travail regrettait bien s&ucirc;r le manque d&rsquo;informaticiens, il r&eacute;clamait surtout des employ&eacute;s flexibles. Peu importe qu&rsquo;ils sachent programmer, du moment qu&rsquo;ils sachent utiliser un traitement de texte, un logiciel comptable et internet : chaque employ&eacute; devenait ainsi un peu st&eacute;no, dactylo, op&eacute;rateur t&eacute;lex et comptable. Deuxi&egrave;mement, le march&eacute; des TIC lui-m&ecirc;me repr&eacute;sentait un enjeu crucial : c&rsquo;est l&agrave; que les investisseurs des ann&eacute;es 1990 crurent trouver leur nouvel Eldorado. L&rsquo;&eacute;cole suivit le mouvement et la salle d&rsquo;informatique cessa bien vite d&rsquo;&ecirc;tre ce lieu de bouillonnement cr&eacute;atif o&ugrave; l&rsquo;on apprenait &agrave; forger des outils logiciels, pour devenir un espace d&rsquo;initiation &agrave; la culture Windows. ?<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>6. Le capitalisme n&rsquo;a ni le besoin ni l&rsquo;envie d&rsquo;une formation polytechnique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Depuis le d&eacute;but du XIXe si&egrave;cle, les technologies de la production ont connu un d&eacute;veloppement extraordinaire. Parfois ces progr&egrave;s entra&icirc;nent de nouveaux besoins en mati&egrave;re de qualifications de masse &mdash; dans l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et la m&eacute;canique aux ann&eacute;es 1900 &agrave; 1940 ou dans l&rsquo;&eacute;lectronique &agrave; l&rsquo;&eacute;poque des Trente Glorieuses. Parfois, au contraire, ils tendent davantage &agrave; induire une d&eacute;qualification du travail &mdash; avec le machinisme au d&eacute;but du XIXe si&egrave;cle ou avec les technologies de l&rsquo;information et de la communication aujourd&rsquo;hui. Il peut donc arriver, selon les &eacute;poques, les lieux, les secteurs, que le capitalisme lui-m&ecirc;me exprime le souhait d&rsquo;une formation technique plus d&eacute;velopp&eacute;e.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Mais jamais il ne s&rsquo;engage sur la voie d&rsquo;un v&eacute;ritable enseignement polytechnique, qu&rsquo;il juge inutile et dangereux. Inutile parce que les besoins &agrave; court terme en formation technique ont toujours &eacute;t&eacute; des besoins en main d&rsquo;&oelig;uvre sp&eacute;cialis&eacute;e (&eacute;lectriciens, m&eacute;caniciens, &eacute;lectroniciens&#8230;). A long terme, le capitalisme pourrait sans doute trouver son int&eacute;r&ecirc;t dans une formation plus polytechnique, mais l&rsquo;essence m&ecirc;me du capitalisme est de n&rsquo;envisager des d&eacute;cisions qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;horizon des perspectives de rendement &agrave; court terme. Une formation polytechnique est &eacute;galement fondamentalement dangereuse pour le syst&egrave;me. C&rsquo;est le point que nous allons d&eacute;velopper longuement ci-dessous puisqu&rsquo;il constitue, par effet miroir, la raison m&ecirc;me de notre attachement &agrave; l&rsquo;instruction polytechnique : elle ouvre &agrave; la compr&eacute;hension du monde, parce qu&rsquo;elle &eacute;claire l&rsquo;influence des &eacute;volutions techniques sur les &eacute;volutions de soci&eacute;t&eacute; ; elle sensibilise les jeunes aux dangers potentiels de l&rsquo;innovation technique et d&eacute;veloppe leur sens critique &agrave; cet &eacute;gard ; elle d&eacute;veloppe la capacit&eacute; de comprendre et de cr&eacute;er des objets techniques ; elle est enfin un &eacute;l&eacute;ment essentiel de socialisation.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left;\">Buts et moyens de l&rsquo;instruction polytechnique<\/h3>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>1. L&rsquo;instruction polytechnique se situe &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; de la formation technique ou professionnelle pr&eacute;cocement sp&eacute;cialis&eacute;e<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;instruction polytechnique, &eacute;l&eacute;ment essentiel de notre projet d&rsquo;&eacute;cole commune, se trouve &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; de la vision &eacute;triqu&eacute;e et marchande de la formation technique ou professionnelle dans l&rsquo;&eacute;cole actuelle. Loin de tomber dans la sp&eacute;cialisation &eacute;troite, l&rsquo;instruction polytechnique doit embrasser les principes g&eacute;n&eacute;raux de tous les processus de production, leurs bases scientifiques et, en m&ecirc;me temps, initier les enfants et les adolescents au maniement d&rsquo;une grande vari&eacute;t&eacute; d&rsquo;instruments de travail. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;apporter une compr&eacute;hension &agrave; la fois th&eacute;orique et pratique de la production dans son ensemble, et ainsi contribuer &agrave; l&rsquo;intelligence de la vie sociale. Comme le disait Anatole Lounatcharski : &laquo; &agrave; la diff&eacute;rence de l&rsquo;enseignement technique, o&ugrave; il ne s&rsquo;agit que de faire d&rsquo;un homme un bon ouvrier, nous entendons (l&rsquo;instruction polytechnique) comme faisant partie de l&rsquo;instruction g&eacute;n&eacute;rale. Il ne s&rsquo;agit pas de former un bon tourneur ou un bon ouvrier du textile, mais d&rsquo;apprendre &agrave; l&rsquo;homme &agrave; conna&icirc;tre le travail. &raquo; [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb7\" id=\"nh7\" rel=\"footnote\" title=\"Lounatcharski, A.V., La philosophie de l\u2019\u00e9cole et la r\u00e9volution, in (...)\">7<\/a>]<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ainsi pens&eacute;e, l&rsquo;instruction polytechnique est profond&eacute;ment humaniste : il s&rsquo;agit de r&eacute;concilier l&rsquo;homme (producteur, consommateur) avec l&rsquo;homme (cr&eacute;ateur). Elle est aussi r&eacute;volutionnaire, car elle mine les bases id&eacute;ologiques de la division sociale du travail, largement fond&eacute;e sur la division des connaissances.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>2. L&rsquo;instruction polytechnique &eacute;claire les influences entre les &eacute;volutions techniques et les changements sociaux, &eacute;conomiques, culturels<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Il est impossible de comprendre le monde &eacute;conomique et social sans comprendre l&rsquo;acte productif qui est la source de toute richesse et donc sans comprendre les rapports techniques de production dont l&rsquo;&eacute;volution gouverne les contradictions sociales et politiques. Celui qui n&rsquo;a aucune id&eacute;e de ce qu&rsquo;est l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, de ce qu&rsquo;est l&rsquo;agriculture, de ce qu&rsquo;est l&rsquo;informatique, de ce qu&rsquo;est un moteur &agrave; explosion, de la fa&ccedil;on dont ces techniques sont cr&eacute;&eacute;es, produites, utilis&eacute;es, des rapports qu&rsquo;elles d&eacute;terminent entre les machines, entre l&rsquo;homme et la machine&#8230; ne peut avoir qu&rsquo;une id&eacute;e tr&egrave;s partielle et d&eacute;form&eacute;e des rapports qui s&rsquo;&eacute;tablissent entre ces hommes et comment ces rapports sont devenus ce qu&rsquo;ils sont.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Comprendre comment fonctionne concr&egrave;tement la production permet de d&eacute;truire l&rsquo;id&eacute;e selon laquelle l&rsquo;argent &laquo; fructifie &raquo; tout seul, sans travail, qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait plus besoin de travail pour produire de la richesse. Comprendre la technologie, cela permet de comprendre la signification concr&egrave;te des rapports de production, et donc en d&eacute;finitive du capitalisme, cela permet aussi de comprendre les contradictions de ce syst&egrave;me, donc les forces et les conditions mat&eacute;rielles qui permettent de le d&eacute;passer.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;homme est un producteur de techniques, mais la soci&eacute;t&eacute; humaine est un produit de la technique. Car l&rsquo;&eacute;volution des forces productives &mdash; les techniques, les connaissances, les rapports techniques de production &mdash; d&eacute;termine tr&egrave;s largement l&rsquo;&eacute;volution des rapports sociaux entre les hommes. La &laquo; r&eacute;volution n&eacute;olithique &raquo; ne peut s&rsquo;expliquer sans &eacute;voquer l&rsquo;agriculture et l&rsquo;&eacute;levage. De m&ecirc;me, on ne saurait comprendre le XIXe si&egrave;cle sans comprendre les bouleversements qu&rsquo;y ont apport&eacute; la vapeur et la machine. Quant &agrave; l&rsquo;&eacute;poque actuelle, qui oserait en d&eacute;crire les mutations sans &eacute;voquer l&rsquo;ordinateur, les t&eacute;l&eacute;communications et la bio-ing&eacute;nierie ? La formation polytechnique devra permettre au futur citoyen de saisir le r&ocirc;le historique de la technologie dans les changements de soci&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est-&agrave;-dire de comprendre ce qui, en derni&egrave;re instance, d&eacute;termine l&rsquo;orientation de l&rsquo;&eacute;volution historique.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>3. L&rsquo;instruction polytechnique informe et sensibilise les jeunes par rapport aux dangers potentiels de certaines technologies. Elle aiguise leur sens critique par rapport &agrave; la surconsommation de technologies<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;instruction polytechnique permet de conscientiser les jeunes et de les doter des connaissances n&eacute;cessaires par rapport aux enjeux environnementaux, sociaux et culturels des choix technologiques. Elle leur fait comprendre l&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;une croissance illimit&eacute;e de la production de biens mat&eacute;riels en montrant les limites physiques et environnementales de cette croissance. Elle permet d&rsquo;ouvrir les yeux sur les contradictions fatales d&rsquo;un syst&egrave;me &eacute;conomique fond&eacute; sur l&rsquo;accumulation, donc sur la croissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;instruction polytechnique permet de d&eacute;mystifier le f&eacute;tichisme technologique ambiant : une technologie comprise, ma&icirc;tris&eacute;e, perdra de son attrait comme pur objet de consommation ; l&rsquo;instruction polytechnique tend &agrave; remplacer le fallacieux bonheur de l&rsquo;acheteur de gadgets techniques par le vrai bonheur de l&rsquo;homme cr&eacute;ateur d&rsquo;outils.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;instruction polytechnique constitue aussi une forme de &laquo; socialisation technologique &raquo; : &ecirc;tre pr&ecirc;t &agrave; affronter ou c&ocirc;toyer des techniques avanc&eacute;es dans la vie quotidienne (&eacute;lectricit&eacute;, soins de sant&eacute;, cuisine&#8230;) et &ecirc;tre &eacute;duqu&eacute; &agrave; cet &eacute;gard (&eacute;conomies d&rsquo;&eacute;nergie, impact environnemental, alimentation saine, dangers potentiels, etc.). Elle donne ainsi une assise cognitive solide &agrave; certaines des vagues et creuses &laquo; comp&eacute;tences &raquo; qui fleurissent aujourd&rsquo;hui dans les programmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>4. L&rsquo;instruction polytechnique devra d&eacute;velopper la capacit&eacute; de comprendre et l&rsquo;art de concevoir des techniques nouvelles<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Il s&rsquo;agit d&rsquo;acqu&eacute;rir un regard d&rsquo;ensemble et rigoureux sur les techniques fondamentales de la production industrielle moderne, sur celles de notre vie quotidienne et sur leurs bases scientifiques : technologies de la construction, production d&rsquo;&eacute;nergie, chimie et biochimie, &eacute;lectricit&eacute;, travail du bois, processus industriels, agriculture, m&eacute;canique, &eacute;lectronique, robotique, soins de sant&eacute;, automatismes, informatique, techniques de communication&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;apprendre et d&rsquo;exercer des savoirs essentiels pour la conception technique ou la compr&eacute;hension de la technologie : concevoir un projet technologique et le d&eacute;crire, lire et dessiner un plan, planifier une r&eacute;alisation, r&eacute;soudre des difficult&eacute;s, tenir compte de contraintes mat&eacute;rielles, environnementales, budg&eacute;taires, esth&eacute;tiques ; d&eacute;velopper le sens pratique et la dext&eacute;rit&eacute; manuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>5. L&rsquo;instruction polytechnique devra faire participer les jeunes &agrave; des pratiques de production, &agrave; la mise en &oelig;uvre r&eacute;elle de processus techniques et d&rsquo;outils vari&eacute;s<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L&rsquo;instruction polytechnique ne peut pas &ecirc;tre seulement th&eacute;orique. L&rsquo;enfant doit apprendre concr&egrave;tement ce qu&rsquo;est le travail productif. Il faut &laquo; toucher &raquo; les objets, il faut manipuler et fabriquer des outils, il faut planifier et organiser le travail, il faut dessiner des plans, il faut &eacute;valuer les dangers, les contraintes, estimer des marges d&rsquo;erreur&#8230; Nous soulignons donc la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une &eacute;troite liaison entre la formation th&eacute;orique et un travail effectivement productif.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">&laquo; Il est n&eacute;cessaire que l&rsquo;enseignement soit reli&eacute; &agrave; la production mat&eacute;rielle &raquo; explique Th&eacute;o Dietrich dans son ouvrage de synth&egrave;se sur la p&eacute;dagogie socialiste. &laquo; L&rsquo;association de l&rsquo;enseignement au travail productif (&#8230;) ne peut &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e par la simple transmission de connaissances techniques, par exemple dans l&rsquo;enseignement des sciences de la nature, mais uniquement par la participation au proc&egrave;s de production sociale. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;ainsi que le travailleur peut (&#8230;) devenir universel du point de vue social (&#8230;) Puisque l&rsquo;homme s&rsquo;est arrach&eacute; au r&egrave;gne animal par le travail, puisque la formation de l&rsquo;homme se fait par le travail, il ne peut y avoir de formation sans travail, ni inversement de travail sans formation &raquo;. [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb8\" id=\"nh8\" rel=\"footnote\" title=\"Dietrich, T., 1973. La P\u00e9dagogie socialiste : fondements et conception, F. (...)\">8<\/a>]<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ce travail productif des &eacute;l&egrave;ves est un important vecteur de socialisation. L&rsquo;enfant ou l&rsquo;adolescent comprennent vite la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une collaboration efficace, bien organis&eacute;e, d&rsquo;une planification du travail, pour venir &agrave; bout d&rsquo;un projet socialement utile. [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb9\" id=\"nh9\" rel=\"footnote\" title=\"Ceci constitue l\u2019autre aspect du travail dans sa forme capitaliste : (...)\">9<\/a>]<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left;\">D&eacute;velopper l&rsquo;&eacute;cole polytechnique autour de trois axes<\/h3>\n<p style=\"text-align: left;\">Il ne saurait &ecirc;tre question de saupoudrer un peu de technologie et de travail manuel dans les programmes et dans le syst&egrave;me d&rsquo;enseignement existants. On ne ferait alors gu&egrave;re plus que d&eacute;velopper quelques comp&eacute;tences de flexibilit&eacute; et d&rsquo;adaptabilit&eacute; aux mutations techniques. Ce faisant, nous ne r&eacute;aliserions, ni m&ecirc;me n&rsquo;approcherions, aucun des objectifs formul&eacute;s plus haut, nous jouerions probablement m&ecirc;me le jeu de ceux qui souhaitent avant tout adapter plus &eacute;troitement l&rsquo;enseignement aux attentes patronales.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Il ne saurait davantage &ecirc;tre question de pr&ecirc;ter le flanc au discours actuel sur la &laquo; revalorisation &raquo; des fili&egrave;res qualifiantes. Il a &eacute;t&eacute; indiqu&eacute; &agrave; suffisance, plus haut, combien l&rsquo;esprit de la formation polytechnique est &eacute;tranger aux &eacute;troites et pr&eacute;coces sp&eacute;cialisations de notre enseignement professionnel et technique. Nous plaidons pour une instruction polytechnique se d&eacute;veloppant autour de plusieurs axes :<\/p>\n<ol style=\"text-align: left;\">\n<li>Les ateliers scolaires et le travail productif &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, d&egrave;s les premi&egrave;res ann&eacute;es d&rsquo;enseignement.<\/li>\n<li>L&rsquo;instruction polytechnique th&eacute;orique, &agrave; partir de 11 ans et la d&eacute;couverte du monde de la production<\/li>\n<li>La d&eacute;couverte passive et active du monde de la production<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>1. D&eacute;velopper des ateliers scolaires<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">La cr&eacute;ation d&rsquo;ateliers scolaires r&eacute;pondrait au double objectif de favoriser une p&eacute;dagogie constructiviste, fond&eacute;e sur le travail, et de d&eacute;velopper des connaissances et des aptitudes techniques chez les enfants. Il faut, pour ces deux objectifs, que les &eacute;l&egrave;ves aient acc&egrave;s, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;&eacute;cole, &agrave; des ateliers de conception et de production technologique dans une grande vari&eacute;t&eacute; de domaines, comme : menuiserie, m&eacute;canique, soudure, plomberie, construction, ma&ccedil;onnerie, plafonnage, peinture de b&acirc;timents, &eacute;lectricit&eacute;, &eacute;lectronique, petit bricolage, d&eacute;coration, coupe et couture, informatique, imprimerie, production vid&eacute;o, serres, jardins, poulailler, porcherie, cuisine, peinture et sculpture, studio de musique&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Freinet : &laquo; Par l&rsquo;outil, l&rsquo;&ecirc;tre humain acc&eacute;l&egrave;re la construction de son propre &eacute;chafaudage, il franchit &agrave; une allure acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e les &eacute;tapes de sa croissance, il cr&eacute;e lui-m&ecirc;me, il construit, il s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve tel un dieu qui ne voit aucune limite &agrave; son ascension (&#8230;) Nous avons dans l&rsquo;outil, et dans le travail, l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment essentiel de l&rsquo;&eacute;ducation &raquo;. [<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nb10\" id=\"nh10\" rel=\"footnote\" title=\"Freinet, E., op cit, p 123\">10<\/a>]<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>2. Ces ateliers scolaires r&eacute;pondent &eacute;galement &agrave; des objectifs p&eacute;dagogiques plus g&eacute;n&eacute;raux : construction et d&eacute;couverte de savoirs &agrave; travers un processus de travail, d&eacute;veloppement du sens pratique, motivation, &eacute;cole ouverte&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le travail dans les ateliers scolaires aurait lieu aussi bien durant les heures de &laquo; cours ordinaires &raquo; (&eacute;ducation et instruction par le travail, dans la meilleure tradition de la p&eacute;dagogie constructiviste) qu&rsquo;en dehors (formation polytechnique, par exemple l&rsquo;apr&egrave;s-midi). Ces ateliers seraient au c&oelig;ur de notre vision d&rsquo;&eacute;cole &laquo; ouverte &raquo;. C&rsquo;est l&agrave; que prendraient corps les projets collectifs par lesquels l&rsquo;&eacute;cole devient plus qu&rsquo;une &eacute;cole : un lieu de vie. Imaginons la pr&eacute;paration d&rsquo;une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre pour une f&ecirc;te scolaire : il faut lire des textes, en faire une s&eacute;lection, apprendre et comprendre ces textes, discuter et exercer le jeu des personnages, &eacute;tablir une division du travail, imaginer, dessiner, d&eacute;couper, assembler les d&eacute;cors et les costumes, concevoir l&rsquo;&eacute;clairage, fabriquer une estrade, des rideaux, des si&egrave;ges, r&eacute;diger et imprimer une invitation ou une affiche, enregistrer la pi&egrave;ce en vid&eacute;o en veillant &agrave; la qualit&eacute; du son, des prises de vue, etc. Les b&eacute;n&eacute;fices p&eacute;dagogiques et &eacute;ducatifs sont innombrables : une multitude de technologies devront &ecirc;tre mobilis&eacute;es ; le travail collectif des &eacute;l&egrave;ves est ainsi le support et le moteur de nombreuses d&eacute;couvertes th&eacute;oriques et pratiques ; les enfants comprennent l&rsquo;importance et la difficult&eacute; de la coop&eacute;ration dans un processus de production (ici artistique, mais on pourrait d&eacute;velopper la m&ecirc;me chose sur n&rsquo;importe quelle autre projet) ; enfin, un tel projet canalise l&rsquo;&eacute;nergie des enfants, les r&eacute;concilie avec l&rsquo;&eacute;cole et les apprentissages, les ram&egrave;ne &agrave; l&rsquo;&eacute;cole le mercredi apr&egrave;s-midi, le week-end.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>3. Cours th&eacute;oriques de technologie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">A c&ocirc;t&eacute; de la pratique et, tant que faire se peut, en lien avec elle, il faut de v&eacute;ritables cours th&eacute;oriques. Pas question de ces pr&eacute;tendus cours de technologie o&ugrave; l&rsquo;enfant &laquo; &eacute;tudie &raquo; pendant une ann&eacute;e le fonctionnement de la sonnette &eacute;lectrique&#8230; Au terme de sa scolarit&eacute;, l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve devra vraiment savoir la diff&eacute;rence entre un moteur &eacute;lectrique et un moteur &agrave; explosion, il devra comprendre comment on produit de l&rsquo;&eacute;nergie et avec quel rendement, il devra avoir une vue claire sur les m&eacute;thodes de production agricole, etc. Les contenus d&rsquo;une formation polytechnique th&eacute;orique peuvent &ecirc;tre grossi&egrave;rement syst&eacute;matis&eacute;s ainsi :<\/p>\n<ul style=\"text-align: left;\">\n<li>techniques de construction (ma&ccedil;onnerie, constructions m&eacute;talliques, travail du bois)<\/li>\n<li>transport, m&eacute;canique, &eacute;lectrom&eacute;canique, &eacute;lectricit&eacute; et &eacute;lectronique<\/li>\n<li>&eacute;nergie (production, transformation)<\/li>\n<li>chimie (&eacute;tude des mat&eacute;riaux, &eacute;tude de processus)<\/li>\n<li>agriculture<\/li>\n<li>&eacute;levage et bio-ing&eacute;nierie<\/li>\n<li>informatique (programmation, techniques de communication)<\/li>\n<li>robotique (automatismes, processus industriels)<\/li>\n<li>organisation du travail, conception (d&eacute;veloppement, planification, dessin industriel).<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\">Bien entendu, cette liste devra &ecirc;tre pr&eacute;cis&eacute;e et coul&eacute;e en programmes pr&eacute;cis.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">La formation polytechnique th&eacute;orique passera aussi par l&rsquo;int&eacute;gration de la dimension technologique dans d&rsquo;autres disciplines : g&eacute;ographie, &eacute;conomie, histoire, sciences et math&eacute;matiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>4. Visites d&rsquo;usines, de fermes, de services<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Aujourd&rsquo;hui les &eacute;coles organisent beaucoup de visites &agrave; caract&egrave;re historique, culturel, artistique et scientifique. C&rsquo;est une excellente chose. Nous proposons qu&rsquo;il y ait aussi de la place pour quelques visites chaque ann&eacute;e sur des lieux o&ugrave; l&rsquo;on travaille, o&ugrave; l&rsquo;on produit. Afin d&rsquo;ouvrir les yeux des jeunes sur l&rsquo;extraordinaire vari&eacute;t&eacute; des technologies mises en &oelig;uvre, technologies qui pourront ensuite &ecirc;tre approfondies dans le cadre des cours th&eacute;oriques. Afin aussi de les confronter aux conditions de travail, au rythme du travail, aux dangers de la production et aux relations sociales en entreprise.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>5. Participation au travail productif<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Mais &agrave; partir d&rsquo;un certain &acirc;ge, il faut aller plus loin que les seules visites passives. Les jeunes adolescents devraient pouvoir &ecirc;tre confront&eacute;s &laquo; pour de vrai &raquo; au travail productif. Nous sommes favorables &agrave; une loi contraignant les entreprises priv&eacute;es ainsi que les entreprises et services publics &agrave; offrir de tels postes de stage, en nombre proportionnel &agrave; leur taille et sous le contr&ocirc;le des organes de concertation (CE, CPPT dans le priv&eacute;) et\/ou des d&eacute;l&eacute;gations syndicales. Il leur appartiendra notamment de chercher des formes appropri&eacute;es, tenant compte de contraintes de s&eacute;curit&eacute; sp&eacute;cifiques et emp&ecirc;chant que ces stages ne se transforment en exploitation de main d&rsquo;&oelig;uvre gratuite. Afin de fixer les id&eacute;es, si l&rsquo;on veut que les jeunes de 12 &agrave; 15 ans puissent tous b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une demie journ&eacute;e de stage par semaine, il faut pr&eacute;voir &agrave; peu pr&egrave;s un poste de stagiaire(s) pour 40 travailleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 15 ans, donc aussi longtemps que les &eacute;l&egrave;ves poursuivront le tronc commun que nous appelons de nos v&oelig;ux, ces &laquo; immersions &raquo; en milieu professionnel devront &ecirc;tre vari&eacute;es. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;acqu&eacute;rir une sp&eacute;cialisation, mais de d&eacute;velopper un regard g&eacute;n&eacute;ral, tr&egrave;s vaste, sur le monde de la production.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Apr&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de 15 ans ce type d&rsquo;initiatives devra &ecirc;tre poursuivi, mais alors avec une forme progressivement plus sp&eacute;cialis&eacute;e, en fonction de l&rsquo;orientation d&rsquo;&eacute;tude choisie par le jeune.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">A l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;&eacute;cole, il faudra pr&eacute;voir des postes nouveaux de ma&icirc;tres de stage, qui pourront organiser et contr&ocirc;ler le bon fonctionnement de cette insertion dans le monde du travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Outre l&rsquo;&eacute;tude de la production et des techniques de production, outre l&rsquo;acquisition de savoir-faire et la d&eacute;couverte des contraintes comportementales du travail, il s&rsquo;agit aussi de former les jeunes sur l&rsquo;importance des organisations repr&eacute;sentatives des travailleurs et des diverses formes de collaboration et de solidarit&eacute; entre travailleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>6. Cette mise en &oelig;uvre de l&rsquo;enseignement polytechnique est ins&eacute;parable du reste de notre vision de l&rsquo;&eacute;ducation<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Comme on l&rsquo;aura compris &agrave; la lecture des points pr&eacute;c&eacute;dents, la mise en &oelig;uvre de ce projet d&rsquo;enseignement polytechnique est ins&eacute;parable de notre programme g&eacute;n&eacute;ral de r&eacute;forme de l&rsquo;enseignement. Il n&rsquo;est pas question de laisser le monde patronal se servir de notre discours sur l&rsquo;enseignement polytechnique pour favoriser la pr&eacute;paration des jeunes &agrave; une orientation pr&eacute;coce vers les fili&egrave;res techniques ou professionnelles. Nous voulons au contraire une prolongation de la formation commune, donc un renforcement de la formation g&eacute;n&eacute;rale, au d&eacute;triment des sp&eacute;cialisations pr&eacute;coces. De m&ecirc;me, ce projet de formation polytechnique est &eacute;videmment irr&eacute;alisable sans une ouverture de l&rsquo;&eacute;cole sur son environnement, un r&eacute;am&eacute;nagement des rythmes scolaires, une grande libert&eacute; p&eacute;dagogique dans le chef des enseignants, une prolongation du temps d&rsquo;&eacute;cole (activit&eacute;s du mercredi apr&egrave;s-midi, activit&eacute;s du week-end). Il n&eacute;cessite aussi, in&eacute;vitablement, un important renforcement des effectifs de professeurs, &eacute;ducateurs et autres personnels sp&eacute;cialis&eacute;s, la mise &agrave; disposition de mat&eacute;riels et de locaux &eacute;quip&eacute;s et donc un refinancement consid&eacute;rable de l&rsquo;enseignement.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Tous ces points figurent, de fa&ccedil;on d&eacute;taill&eacute;e et argument&eacute;e, dans le programme en dix points de l&rsquo;Aped, intitul&eacute; : <a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article341\">&laquo; Vers l&rsquo;&eacute;cole commune &raquo;<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div><strong>notes:<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh1\" id=\"nb1\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 1\">1<\/a>] <a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article341\">http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article341<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh2\" id=\"nb2\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 2\">2<\/a>] Coppens &amp; Picq, 2002. Aux origines de l&rsquo;humanit&eacute;, Fayard. p 306.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh3\" id=\"nb3\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 3\">3<\/a>] Huot, J., 2004. Une arch&eacute;ologie des peuples du Proche-Orient (Tome I), Paris : Editions Errance. p 64.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh4\" id=\"nb4\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 4\">4<\/a>] Marx, K., Discours prononc&eacute; lors de la comm&eacute;moration de l&rsquo;anniversaire de l&rsquo;organe chartiste People&rsquo;s Paper, 19 avril 1856, in Werke, 12, p. 3-4.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh5\" id=\"nb5\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 5\">5<\/a>] Marcuse, H., 1964. L&rsquo;homme unidimensionnel : essai sur l&rsquo;id&eacute;ologie de la soci&eacute;t&eacute; industrielle avanc&eacute;e, Editions de minuit. p 36.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh6\" id=\"nb6\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 6\">6<\/a>] Andr&eacute; Lebeau, L&rsquo;enfermement plan&eacute;taire, Le D&eacute;bat\/Gallimard, 2008, p. 78<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh7\" id=\"nb7\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 7\">7<\/a>] Lounatcharski, A.V., La philosophie de l&rsquo;&eacute;cole et la r&eacute;volution, in Lounatcharski, A.V., 1984. &Agrave; propos de l&rsquo;&eacute;ducation:articles et discours, Ed. du Progr&egrave;s. p 157.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh8\" id=\"nb8\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 8\">8<\/a>] Dietrich, T., 1973. La P&eacute;dagogie socialiste : fondements et conception, F. Maspero., p 48.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh9\" id=\"nb9\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 9\">9<\/a>] Ceci constitue l&rsquo;autre aspect du travail dans sa forme capitaliste : l&rsquo;entreprise capitaliste opprime, ali&egrave;ne et exploite le travailleur, mais elle organise et forge aussi la discipline des travailleurs, les transformant ainsi en ce que Marx appelait les &laquo; fossoyeurs &raquo; du Capital.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">[<a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/spip.php?article1401#nh10\" id=\"nb10\" rev=\"footnote\" title=\"Notes 10\">10<\/a>] Freinet, E., op cit, p 123<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;enseignement polytechnique tourne le dos aussi bien &agrave; l&rsquo;enseignement g&eacute;n&eacute;ral actuel, qui ignore et m&eacute;prise l&rsquo;acte productif, qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;enseignement professionnel pr&eacute;coce, qui enferme le jeune dans une sp&eacute;cialisation &eacute;troite. L&rsquo;enseignement polytechnique vise &agrave; r&eacute;concilier l&rsquo;homme consommateur et producteur avec l&rsquo;homme &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/2012\/07\/23\/pas-decole-democratique-sans-instruction-polytechnique\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">Pas d&#039;\u00e9cole d\u00e9mocratique sans instruction polytechnique<\/span> Read More &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1234","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1234","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1234"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1234\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1234"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1234"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1234"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}