{"id":1318,"date":"2012-10-23T09:01:22","date_gmt":"2012-10-23T09:01:22","guid":{"rendered":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/?p=1318"},"modified":"2012-10-23T09:01:22","modified_gmt":"2012-10-23T09:01:22","slug":"lenseignement-de-la-technologie-de-1960-a-nos-jours-reformes-et-debats","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/2012\/10\/23\/lenseignement-de-la-technologie-de-1960-a-nos-jours-reformes-et-debats\/","title":{"rendered":"L\u2019enseignement de la technologie de 1960 \u00e0 nos jours : r\u00e9formes et d\u00e9bats"},"content":{"rendered":"<p><small>D&eacute;mocratisation scolaire, mardi 11 septembre 2012, par <a href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?auteur29\">Isabelle Harl&eacute;<\/a><\/small><\/p>\n<p><br class=\"nettoyeur\" \/><\/p>\n<div class=\"texte\">\n<h3 class=\"spip\">1962-1976&nbsp;: les premi&egrave;res tentatives d&rsquo;introduction de la technologie au coll&egrave;ge<\/h3>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">1 &#8211;<\/strong> <strong class=\"spip\">La technologie &laquo;&nbsp;Capelle&nbsp;&raquo;<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Jean Capelle est l&rsquo;initiateur du premier enseignement de technologie en 1962&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb1\" id=\"nh1\" name=\"nh1\" title=\"[1] Cf. circulaire du 7 septembre 1962 qui a pour objet l'&quot;Enseignement de (...)\">1<\/a>]. La formation qu&rsquo;il a suivie, le parcours professionnel qu&rsquo;il a effectu&eacute; ax&eacute; sur la recherche appliqu&eacute;e, l&rsquo;ont amen&eacute; &agrave; d&eacute;fendre un enseignement qui valorise les applications pratiques. Jean Capelle est agr&eacute;g&eacute; de math&eacute;matiques, mais &eacute;galement physicien, sp&eacute;cialiste de m&eacute;canique et auteur d&rsquo;une th&egrave;se sur la m&eacute;canique rationnelle. Il m&egrave;ne des recherches aux usines Citro&euml;n et participe en 1935 &agrave; la mise au point des automobiles &agrave; traction avant, avant de diriger en 1943, la Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;&eacute;tudes de l&rsquo;industrie de l&rsquo;engrenage &agrave; Paris. Recteur de l&rsquo;acad&eacute;mie de Nancy de 1949 &agrave; 1954, il cr&eacute;e &agrave; Lyon en 1957 le premier Institut des sciences appliqu&eacute;es (INSA), puis est appel&eacute; en 1961 aux fonctions de Directeur g&eacute;n&eacute;ral de la p&eacute;dagogie&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb2\" id=\"nh2\" name=\"nh2\" title=\"[2] Cette direction a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e afin de coiffer les trois directions (...)\">2<\/a>] au minist&egrave;re de l&rsquo;&Eacute;ducation nationale par le ministre Lucien Paye, fonctions qu&rsquo;il quitte en 1964. Jean Capelle sera &eacute;galement rapporteur de la loi de 1971 concernant les enseignements technologiques et professionnels. Cette loi contiendra une critique du syst&egrave;me &eacute;ducatif, qu&rsquo;elle souhaite davantage ancr&eacute; dans la r&eacute;alit&eacute;&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb3\" id=\"nh3\" name=\"nh3\" title=\"[3] Voir par exemple l'article 2 : &quot;les enseignements scolaires et (...)\">3<\/a>].<\/p>\n<p class=\"spip\">La technologie est <i class=\"spip\">une d&eacute;marche inductive o&ugrave; la fabrication est pr&eacute;texte &agrave; la d&eacute;couverte des lois physiques qui d&eacute;terminent le fonctionnement des objets. Les liens avec les sciences physiques sont fr&eacute;quemment postul&eacute;s dans les programmes.<\/i> La technologie s&rsquo;appuie sur et introduit des notions de sciences physiques. Ainsi parmi les &eacute;l&eacute;ments propos&eacute;s en 1963 dans les programmes des classes de 4&egrave;me, on trouve&nbsp;: &quot;les notions de force, de couple, de pression, le principe des leviers (&hellip;). L&rsquo;&eacute;tude des fonctions m&eacute;caniques organis&eacute;es par l&rsquo;homme, leur logique, constitue une discipline capable de jouer un r&ocirc;le tremplin pour permettre d&rsquo;aborder, avec le maximum de succ&egrave;s, d&egrave;s le d&eacute;but du cycle de maturit&eacute;, les sciences physiques&hellip; (Capelle J., 1966, p. 63).&quot; &quot;Cette discipline qui pourrait s&rsquo;appeler m&eacute;canique aussi bien que technologie, s&rsquo;appuie &hellip;.. sur des propri&eacute;t&eacute;s physiques tout &agrave; fait courantes. C&rsquo;est une initiation g&eacute;n&eacute;rale aux sciences exp&eacute;rimentales (Capelle J., 1963, p. 22).&quot;<\/p>\n<p>\t<!--more--><\/p>\n<p class=\"spip\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">2 &#8211; La commission Lagarrigue<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Andr&eacute; Lagarrigue est polytechnicien, professeur de physique et chercheur en physique des particules. Il appartient &agrave; cette nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de physiciens qui d&eacute;veloppent, &agrave; partir des ann&eacute;es cinquante, des applications pratiques de leurs recherches, utiles dans le monde &eacute;conomique.<\/p>\n<p class=\"spip\">La commission Lagarrigue &quot;a comp&eacute;tence pour toute question relative &agrave; l&rsquo;enseignement de la physique, de la chimie et de la technologie&quot;. La pr&eacute;sence de la technologie au sein d&rsquo;une commission charg&eacute;e de la r&eacute;forme des sciences physiques &eacute;tonne. Elle se comprend en tant que discipline de sciences exp&eacute;rimentales, oppos&eacute;e aux math&eacute;matiques. La composition de la commission se d&eacute;cline nettement en faveur des sciences physiques. La commission est constitu&eacute;e ainsi du Pr&eacute;sident de l&rsquo;Union des physiciens (Georges Guinier), d&rsquo;enseignants de physique et de chimie du second degr&eacute; et de classes pr&eacute;paratoires, d&rsquo;Inspecteurs g&eacute;n&eacute;raux de physique et de chimie (MM.&nbsp;Picoux et Cessac). Le rapporteur est lui-m&ecirc;me un physicien.<\/p>\n<p class=\"spip\">Aucun inspecteur g&eacute;n&eacute;ral des techniques industrielles ne fait partie de la commission, comme le d&eacute;plore A. Alauze, doyen, dans un courrier adress&eacute; le 11 octobre 1971 &agrave; Andr&eacute; Lagarrigue&nbsp;: &quot;Il est de fait que les inspecteurs g&eacute;n&eacute;raux des techniques industrielles ont toujours regrett&eacute; de ne plus &ecirc;tre associ&eacute;s &agrave; l&rsquo;animation de l&rsquo;enseignement de la technologie dans les classes de premier cycle et ont &eacute;t&eacute; surpris de constater qu&rsquo;aucun d&rsquo;entre nous ne faisait partie es-qualit&eacute; de votre commission d&rsquo;&eacute;tudes qui accueillait par contre la quasi-totalit&eacute; de nos coll&egrave;gues de physiques (Lebeaume J., 1996, p. 27). &quot;<\/p>\n<p class=\"spip\">Les professeurs de travaux manuels et de sciences physiques revendiqueront l&rsquo;enseignement de cette technologie.<\/p>\n<p class=\"spip\">La massification de l&rsquo;enseignement secondaire et donc l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; des niveaux scolaires justifient, aux yeux de l&rsquo;Union des physiciens, <i class=\"spip\">un enseignement plus concret, plus ax&eacute; vers l&rsquo;exp&eacute;rimentation, pris en charge par les professeurs de sciences physiques<\/i>&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"spip\">&quot;La technologie tend &agrave; devenir une nouvelle discipline abstraite alors que son introduction dans l&rsquo;enseignement doit servir &agrave; donner aux &eacute;l&egrave;ves le go&ucirc;t de l&rsquo;exp&eacute;rimentation. (&hellip;) L&rsquo;entr&eacute;e dans les sections scientifiques du second cycle ne doit pas &ecirc;tre enti&egrave;rement d&eacute;termin&eacute;e par l&rsquo;aptitude au raisonnement math&eacute;matique. Un enseignement ax&eacute; sur la manipulation repr&eacute;sente, de plus, un pas vers la d&eacute;mocratisation de l&rsquo;enseignement car l&rsquo;in&eacute;galit&eacute; due au milieu social s&rsquo;y manifeste. L&rsquo;enseignement de la technologie doit donc se diversifier, devenir une initiation aux sciences exp&eacute;rimentales, r&eacute;pondre aux questions que se posent les &eacute;l&egrave;ves sur les techniques qu&rsquo;ils c&ocirc;toient tous les jours (Le Monde, 22 mars 1974. L&rsquo;article a occasionn&eacute;, deux mois plus tard, des r&eacute;actions de la part du Pr&eacute;sident de l&rsquo;Association des professeurs d&rsquo;initiation technologique&nbsp;: &quot;Technologie et quincaillerie&quot;, Le Monde, 22 mai 1974, p. 16).&quot;<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;exp&eacute;rimentation d&rsquo;un enseignement de technologie confi&eacute; &agrave; des professeurs de sciences physiques s&rsquo;expliquera en fait en partie par des raisons institutionnelles de recrutement. En effet, en 1968-69, une initiation &agrave; l&rsquo;enseignement de la physique-chimie est mise en place dans le premier cycle. Un facteur important joue un r&ocirc;le d&eacute;cisif dans l&rsquo;adoption de ces programmes&nbsp;: ce facteur est relatif &agrave; la possibilit&eacute; de maintenir une assez large ouverture au CAPES de sciences physiques, &agrave; condition que les jeunes professeurs enseignent la technologie dans le premier cycle.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">3 &#8211; Une approche plus imm&eacute;diate des r&eacute;alit&eacute;s &eacute;conomiques<\/strong>&nbsp;: les modules de &laquo;&nbsp;techniques de fabrication&nbsp;&raquo; des ing&eacute;nieurs des Arts et M&eacute;tiers et professeurs de l&rsquo;enseignement technique.<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;association de la technologie aux sciences exp&eacute;rimentales est loin de faire l&rsquo;unanimit&eacute;. Un autre groupe de personnes, issues de l&rsquo;enseignement technique, s&rsquo;interroge sur le bien-fond&eacute; de la d&eacute;nomination &quot;technologie&quot;, lui pr&eacute;f&eacute;rant celle &quot;d&rsquo;enseignement technique&quot;, <i class=\"spip\">l&eacute;gitimant un enseignement plut&ocirc;t ax&eacute; sur l&rsquo;activit&eacute; de travail, la fabrication<\/i>.<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;&eacute;tymologie grecque associe la technique [techn&egrave;] &agrave; un savoir pratique, qui n&rsquo;est pas d&eacute;riv&eacute; de la science&nbsp;: \u00ab\u00a0[La technique] n&rsquo;est pas une science appliqu&eacute;e (&hellip;) Elle op&egrave;re sur ces r&eacute;alit&eacute;s mouvantes du monde terrestre, qui constituent, aux yeux du Grec, le domaine de l&rsquo;&agrave;-peu-pr&egrave;s, auquel ne s&rsquo;appliquent ni exacte mesure, ni calcul pr&eacute;cis. Elle a donc un autre objet et se situe sur un autre plan que la science. La pratique technique n&rsquo;a pas recours aux math&eacute;matiques&nbsp;; elle ne cherche pas &agrave; exp&eacute;rimenter, elle agit par t&acirc;tonnements&quot; (Descolonges M., 1996, p. 127).<\/p>\n<p class=\"spip\">Cette position renvoie au d&eacute;bat sur la valeur &quot;intellectuelle&quot;, &quot;culturelle&quot; de la technique. Certains philosophes, comme G. Simondon et historiens des techniques, comme B. Gilles, essayent de lever l&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; entre connaissance empirique et connaissance technique et montrent la parit&eacute; de niveau, sur le plan du sch&egrave;me mental entre l&rsquo;activit&eacute; technique et l&rsquo;activit&eacute; scientifique&nbsp;: &quot;La distinction entre science et technique proc&egrave;de fondamentalement de ce que la premi&egrave;re vise la connaissance, la seconde l&rsquo;action efficace. (&hellip;) Tout au long de l&rsquo;histoire de la technique, cette diff&eacute;rence &hellip; a &eacute;t&eacute; la source de tensions, voire d&rsquo;oppositions, d&rsquo;incompr&eacute;hensions mutuelles assez vives entre l&rsquo;homme de la science et l&rsquo;homme de la technique. Chez le premier domine un souci de puret&eacute; de la connaissance et un primat de la &rsquo;contemplation&rsquo; qui le conduit &agrave; accorder peu d&rsquo;estime &agrave; ceux qui se pr&eacute;occupent avant tout d&rsquo;action efficace. (&hellip;) Nous observons que l&rsquo;histoire est loin de v&eacute;rifier la conception, assez courante, selon laquelle la technique ne serait finalement qu&rsquo;une application de la science. (&hellip;) Maintes fois en effet nous nous trouvons en pr&eacute;sence d&rsquo;un &rsquo;faire&rsquo; qui ne proc&egrave;de aucunement d&rsquo;un savoir pr&eacute;sentant les caract&egrave;res du savoir scientifique. Il est cependant fr&eacute;quemment un v&eacute;ritable savoir, mais surtout un savoir en actes (Gilles B., pp. 1112-1113).&quot;<\/p>\n<p class=\"spip\">Cette acception de la technique comme d&rsquo;un savoir en actes est celle, pour une part, de personnalit&eacute;s ing&eacute;nieurs des Arts et M&eacute;tiers, comme Maurice Combarnous, J. Seguin, Lucien G&eacute;minard&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb4\" id=\"nh4\" name=\"nh4\" title=\"[4] Ils interviennent \u00e0 l'\u00e9poque par le biais d'articles parus dans diverses (...)\">4<\/a>].<\/p>\n<p class=\"spip\">Lucien G&eacute;minard est Inspecteur g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Enseignement technique et conseiller pour l&rsquo;Enseignement technique aupr&egrave;s du recteur Jean Capelle. Il est membre de la Commission Lagarrigue et prendra part, par la suite, aux diff&eacute;rentes commissions minist&eacute;rielles de r&eacute;flexion sur l&rsquo;enseignement de la technologie. Il &eacute;dite la premi&egrave;re fiche documentaire d&rsquo;Education manuelle et technique en 1977. Il pr&eacute;side &agrave; partir de 1983 la Commission permanente de r&eacute;flexion sur la technologie (COPRET).<\/p>\n<p class=\"spip\">Cette conception est partag&eacute;e, pour une autre part, par un ensemble de professeurs de l&rsquo;enseignement technique et en particulier de professeurs de l&rsquo;Ecole normale nationale d&rsquo;apprentissage (ENNA) de Paris Nord, membres de la commission Lagarrigue&nbsp;: Jean Chabal, Ren&eacute; Ducel &ndash;par ailleurs pr&eacute;sident de l&rsquo;Association fran&ccedil;aise pour le d&eacute;veloppement de l&rsquo;enseignent technique (AFDET). Andr&eacute; Campa, ing&eacute;nieur des Arts et m&eacute;tiers et de l&rsquo;Ecole sup&eacute;rieure d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, fait partie de la g&eacute;n&eacute;ration pr&eacute;c&eacute;dente de l&rsquo;ENNA&nbsp;: il y est nomm&eacute; sous directeur en 1945 par la direction de l&rsquo;Enseignement technique. Il arrivera dans cet &eacute;tablissement apr&egrave;s avoir exerc&eacute; dans l&rsquo;enseignement technique des fonctions d&rsquo;enseignement ou d&rsquo;encadrement d&rsquo;ateliers&nbsp;: il est titulaire d&rsquo;un certificat d&rsquo;aptitude &agrave; l&rsquo;enseignement du travail manuel (section chef des travaux), a exerc&eacute; comme professeur technique adjoint de forge &agrave; l&rsquo;&eacute;cole des Arts et m&eacute;tiers de Chalons sur Marne, comme chef des travaux aux coll&egrave;ges techniques de Charleville, Versailles et Suresnes&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb5\" id=\"nh5\" name=\"nh5\" title=\"[5] Ces informations biographiques sont extraites pour partie de textes de (...)\">5<\/a>].<\/p>\n<p class=\"spip\">Ces enseignants sont &agrave; l&rsquo;origine de l&rsquo;exp&eacute;rimentation, de 1974 &agrave; 1976, &agrave; raison de deux heures par semaine pendant deux semestres, du module&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb6\" id=\"nh6\" name=\"nh6\" title=\"[6] Les modules sont de petites unit\u00e9s centr\u00e9es chacune sur un th\u00e8me \u00e0 (...)\">6<\/a>] de &quot;techniques de fabrication&quot;&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb7\" id=\"nh7\" name=\"nh7\" title=\"[7] \u00e9labor\u00e9 plus pr\u00e9cis\u00e9ment d'apr\u00e8s une id\u00e9e de R. Ducel, par l'\u00e9quipe J. Chabal, (...)\">7<\/a>]. <i class=\"spip\">Fabrication en conditions r&eacute;elles, objectifs de socialisation, &eacute;tude de l&rsquo;usage social de l&rsquo;objet sont les caract&eacute;ristiques de ce module. Cet enseignement entend en effet approcher le travail industriel salari&eacute; dans toutes ses dimensions&nbsp;: conception, r&eacute;alisation<\/i>. Les s&eacute;ances consistent en la fabrication collective par la classe d&rsquo;objets complexes, proches des r&eacute;alisations industrielles, comme par exemple un compresseur &agrave; membranes, un moteur &eacute;lectrique. Les moyens techniques mis en &oelig;uvre doivent permettre d&rsquo;initier les &eacute;l&egrave;ves aux principaux modes de fabrication des objets &ndash; enl&egrave;vement de mati&egrave;re par tournage, fraisage, per&ccedil;age, conformation &agrave; froid de m&eacute;taux en feuilles min&eacute;es, fonderie&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb8\" id=\"nh8\" name=\"nh8\" title=\"[8] L'\u00e9quipement choisi permet d'atteindre ces objectifs : machine-outil (...)\">8<\/a>] &#8211; et de leur donner une id&eacute;e r&eacute;elle des fabrications industrielles. Les &eacute;l&egrave;ves alternent, au cours des s&eacute;ances, fabrication sur postes de travail manuels ou sur machines, et r&eacute;daction de fiches de travail &ndash; analyse de l&rsquo;objet, simulation d&rsquo;un fonctionnement, repr&eacute;sentations graphiques avec leurs normes. Les enseignants &eacute;valuent aussi bien les savoir-faire acquis, la ma&icirc;trise des langages, des notions et lois, des d&eacute;marches, que les attitudes (curiosit&eacute;, autonomie, socialisation). Les rapports d&rsquo;exp&eacute;rimentation sur le module pr&eacute;cisent en effet qu&rsquo;outre la conception et la fabrication, l&rsquo;&eacute;tude de l&rsquo;organisation du travail, des rapports sociaux entre patrons et salari&eacute;s, font partie du programme.<\/p>\n<p class=\"spip\">Nous reprenons l&rsquo;expression de Becker et parlerons d&rsquo;&quot;&eacute;quilibre fluctuant&quot; entre le monde de physiciens, proches des milieux &eacute;conomiques et politiques, relay&eacute;s par les revendications cat&eacute;gorielles des professeurs de sciences physiques d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, et celui des membres de l&rsquo;enseignement technique, attach&eacute;s &agrave; d&eacute;fendre la valeur culturelle de leur enseignement de l&rsquo;autre. Ces tensions trouvent une r&eacute;solution provisoire dans <i class=\"spip\">la mise en place de l&rsquo;initiation scientifique et technique, exp&eacute;riment&eacute;e dans les classes de 4&egrave;me et de 3&egrave;me de 1971 &agrave; 1976<\/i>. Cet enseignement se d&eacute;cline sous la forme de trois modules pr&eacute;sentant un caract&egrave;re technique fort&nbsp;: technique de fabrication, &eacute;lectronique, automatisme, et de cinq autres, qui rel&egrave;vent de la physique&nbsp;: astronomie, chimie, photographie, polym&egrave;res et plastiques, &eacute;nergie. L&rsquo;accent est mis sur la manipulation (d&eacute;montage, observation du fonctionnement, modifications &eacute;ventuelles), la description analytique d&rsquo;ensembles techniques complexes et la vulgarisation touchant aux domaines scientifiques et techniques.<\/p>\n<p class=\"spip\">Cette initiation n&rsquo;en reste n&eacute;anmoins qu&rsquo;au stade de l&rsquo;exp&eacute;rimentation au d&eacute;but des ann&eacute;es soixante-dix. Pourquoi &eacute;choue-t-elle &agrave; s&rsquo;implanter&nbsp;? La mort d&rsquo;Andr&eacute; Lagarrigue en janvier 1975, qui interrompt brutalement les travaux de la commission est une explication insuffisante. Elle souligne en tout cas que l&rsquo;implantation de la technologie n&rsquo;est pas port&eacute;e par une volont&eacute; politique suffisamment forte pour r&eacute;sister aux changements de gouvernements. La conjonction de facteurs &eacute;conomiques et politiques demande &agrave; &ecirc;tre &eacute;clair&eacute;e par le contexte scolaire de l&rsquo;&eacute;poque et en particulier les cat&eacute;gories de professeurs disponibles.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">L&rsquo;&Eacute;ducation manuelle et technique (EMT)&nbsp;: Reclasser des cat&eacute;gories de professeurs devenues obsol&egrave;tes depuis la r&eacute;forme du coll&egrave;ge unique<\/h3>\n<p class=\"spip\">La mise en place du coll&egrave;ge unique conjugu&eacute;e &agrave; la prolongation de la scolarit&eacute; obligatoire am&egrave;ne dans les &eacute;tablissements scolaires un nouveau public, plus h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne socialement. Les responsables politiques partagent la conviction <i class=\"spip\">qu&rsquo;un enseignement manuel, concret, serait davantage adapt&eacute; pour certains enfants<\/i>. Cette conviction est fr&eacute;quente en particulier chez ceux ayant connu le primaire comme Ren&eacute; Haby, qui a commenc&eacute; sa carri&egrave;re comme instituteur.<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;&Eacute;ducation manuelle et technique (EMT) fait &eacute;cho &agrave; un enseignement que Ren&eacute; Haby avait d&eacute;j&agrave; exp&eacute;riment&eacute; une quinzaine d&rsquo;ann&eacute;es auparavant. En 1960-61 en effet, alors proviseur du lyc&eacute;e de Metz, il avait encourag&eacute; un enseignement bas&eacute; sur les travaux manuels, la manipulation, qui convenait selon lui, aux &eacute;l&egrave;ves les moins dou&eacute;s. Cette exp&eacute;rience p&eacute;dagogique, dans laquelle Mme&nbsp;Haby, professeur de travaux manuels, avait une part active, &eacute;tait bas&eacute;e notamment sur les activit&eacute;s manuelles. Une s&eacute;rie d&rsquo;exercices concrets, se pr&eacute;sentant sous la forme de probl&egrave;mes &agrave; r&eacute;soudre manuellement en deux heures, est ainsi propos&eacute;e, par demi-classes aux &eacute;l&egrave;ves des sections modernes de 6&egrave;me et de 5&egrave;me. Les &eacute;l&egrave;ves doivent par exemple reproduire, par l&rsquo;observation de mod&egrave;les, un type de tissage ou de tressage de n&oelig;uds&nbsp;; r&eacute;aliser un circuit &eacute;lectrique, ou de transmission m&eacute;canique par imitation, composer des puzzles&hellip; Ren&eacute; Haby justifiait ainsi ces exp&eacute;riences&nbsp;: &quot;L&rsquo;intelligence concr&egrave;te est une manifestation de l&rsquo;intelligence g&eacute;n&eacute;rale, et peut donc nous renseigner sur les possibilit&eacute;s r&eacute;elles d&rsquo;un &eacute;l&egrave;ve &quot;bloqu&eacute;&quot; au d&eacute;but de sa sixi&egrave;me par des &eacute;l&eacute;ments affectifs ou par la possession encore insuffisante des moyens d&rsquo;expression verbo-conceptuels. N&rsquo;oublions pas que ce type d&rsquo;&eacute;l&egrave;ve risque de se multiplier consid&eacute;rablement dans les ann&eacute;es &agrave; venir dans nos &eacute;tablissements du second degr&eacute;, envahis par une masse d&rsquo;enfants beaucoup moins familiaris&eacute;s avec ces moyens d&rsquo;expression que les repr&eacute;sentants du secteur tertiaire qui pendant longtemps ont &agrave; peu pr&egrave;s seuls peupl&eacute; les lyc&eacute;es&quot;&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb9\" id=\"nh9\" name=\"nh9\" title=\"[9] Haby R., 1962, &quot;Une discipline nouvelle dans le cycle d'observation&quot;, (...)\">9<\/a>]. L&rsquo;activit&eacute; manuelle donne &quot;un moyen d&rsquo;expression&hellip; &agrave; une intelligence concr&egrave;te&hellip; qui s&rsquo;appuie sur la manipulation, les essais et les erreurs, l&rsquo;observation et la mesure.&quot; Les activit&eacute;s manuelles comporteront &quot;des exercices assez syst&eacute;matiques utilisant l&rsquo;intelligence concr&egrave;te&nbsp;: de petites fabrications [m&eacute;nag&egrave;res ou d&rsquo;atelier] feront partie des exercices&hellip; d&eacute;montages et remontages d&rsquo;objets usuels&hellip; r&eacute;alisations de circuits &eacute;lectriques simples&hellip; l&rsquo;aspect pratique (d&eacute;pannage) n&rsquo;y sera pas n&eacute;glig&eacute;.&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb10\" id=\"nh10\" name=\"nh10\" title=\"[10] Haby R., 1975, &quot;Pour une modernisation du syst\u00e8me \u00e9ducatif&quot;, Paris, La (...)\">10<\/a>]&quot;<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;EMT a permis en fait de recycler deux cat&eacute;gories d&rsquo;enseignants qui avaient perdu leur fonction lors de la r&eacute;forme de 1975. D&rsquo;une part les professeurs des anciens travaux manuels, essentiellement des femmes (&agrave; 80%), titulaires pour la plupart d&rsquo;un CAPES &quot;travaux manuels &eacute;ducatifs-enseignement m&eacute;nager&quot;. D&rsquo;autre part les professeurs des classes pratiques (Classes pr&eacute;professionnelles de niveau et classes pr&eacute;paratoires &agrave; l&rsquo;apprentissage&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb11\" id=\"nh11\" name=\"nh11\" title=\"[11] Les CPPN et les CPA ont \u00e9t\u00e9 mises en place par la loi sur les (...)\">11<\/a>]) supprim&eacute;es par la r&eacute;forme de 1975. Ces derniers, pour la plupart des hommes, anciens instituteurs, sont rompus aux activit&eacute;s pratiques proches de l&rsquo;enseignement pr&eacute;professionnel.<\/p>\n<p class=\"spip\">La mise en place de l&rsquo;EMT a pos&eacute; des probl&egrave;mes d&rsquo;adaptation &agrave; ces enseignants. En effet, les anciens travaux manuels &eacute;taient diff&eacute;renci&eacute;s sexuellement. Des enseignantes dispensaient la cuisine et la couture aux jeunes filles, alors que les enseignants se chargeaient des ateliers bois et fer &agrave; l&rsquo;attention des gar&ccedil;ons. Avec l&rsquo;EMT, le m&ecirc;me enseignant a la charge des travaux textiles, de la cuisine, des ateliers bois et fer et de la m&eacute;canique. Bien souvent en fait, dans les coll&egrave;ges, les enseignants continuent &agrave; se r&eacute;partir les diff&eacute;rentes activit&eacute;s en fonction de leurs comp&eacute;tences.<\/p>\n<p class=\"spip\"><i class=\"spip\">Les deux tentatives d&rsquo;introduction d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments de technique dans les programmes d&rsquo;enseignement obligatoire se soldent par des &eacute;checs&nbsp;: l&rsquo;initiation technologique n&rsquo;est qu&rsquo;exp&eacute;riment&eacute;e dans les classes de 4&egrave;me et de 3&egrave;me moderne&nbsp;; l&rsquo;&eacute;ducation manuelle et technique a une dur&eacute;e de vie assez courte (de 1977 &agrave; 1985)&nbsp;; elle se concentre par ailleurs sur les activit&eacute;s manuelles, les options technologiques &eacute;tant rel&eacute;gu&eacute;es &agrave; titre facultatif dans les classes de 4&egrave;me et de 3&egrave;me.<\/i> L&rsquo;absence de mise en place d&rsquo;une cat&eacute;gorie de professeurs sp&eacute;cifiquement form&eacute;s est le maillon manquant. Utilis&eacute;e pour g&eacute;rer des probl&egrave;mes d&rsquo;enseignants en surplus (professeurs de sciences physiques &agrave; la fin des ann&eacute;es soixante, puis professeurs de travaux manuels et de classes pratiques &agrave; partir des ann&eacute;es 75), la technologie n&rsquo;a pas r&eacute;ussi &agrave; s&rsquo;implanter au coll&egrave;ge. La question de l&rsquo;inscription d&rsquo;une culture technique dans les cursus commun d&rsquo;enseignement, pos&eacute;e depuis le Plan Langevin-Wallon, se heurte ainsi &agrave; des conjonctures particuli&egrave;res, en l&rsquo;occurrence, les cat&eacute;gories de professeurs disponibles &agrave; un moment donn&eacute;. L&rsquo;apparition de nouveaux profils d&rsquo;enseignants &agrave; partir des ann&eacute;es 85 va-t-elle favoriser cette inscription&nbsp;?<\/p>\n<h3 class=\"spip\">L&rsquo;inscription de la technologie dans la culture commune&nbsp;: la constitution d&rsquo;un corps enseignant articul&eacute;e &agrave; une volont&eacute; politique forte<\/h3>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;obsession du probl&egrave;me du ch&ocirc;mage &agrave; partir de 1976-1977 fait que l&rsquo;id&eacute;e de rapprocher l&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;entreprise semble s&rsquo;imposer comme une solution contre laquelle nul ne s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve, ni &agrave; droite, ni &agrave; gauche. Le point de vue est unanime sur ce qui est alors d&eacute;sign&eacute; comme une n&eacute;cessit&eacute; &eacute;conomique et culturelle.<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;int&eacute;gration du technique et de l&rsquo;&eacute;conomique sont des objectifs des 8&egrave;me et 9&egrave;me Plans. Dans le cadre de la pr&eacute;paration du 8&egrave;me Plan, un groupe est charg&eacute; de r&eacute;fl&eacute;chir sur &quot;la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise et la technologie&quot;. On peut lire explicitement, dans un document pr&eacute;paratoire au 9&egrave;me Plan, que &quot;l&rsquo;avenir &eacute;conomique de notre soci&eacute;t&eacute; repose pour une large part sur la capacit&eacute; de la population active &agrave; investir les secteurs technologiques de pointe.&quot; L&rsquo;&eacute;cole est charg&eacute;e de sensibiliser la population &agrave; soutenir activement cette politique misant sur la technologie de pointe. Dans la pr&eacute;paration du 9&egrave;me Plan, une &eacute;tude, soulignant la r&eacute;sistance g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;&eacute;cole &agrave; accepter la technique comme &eacute;l&eacute;ment d&rsquo;enseignement, est ainsi consacr&eacute;e &agrave; <i class=\"spip\">la culture technique et au r&ocirc;le qu&rsquo;elle doit jouer dans l&rsquo;enseignement g&eacute;n&eacute;ral<\/i>. L&rsquo;informatique, point de rencontre d&rsquo;un grand nombre de technologies, fait l&rsquo;objet d&rsquo;une attention particuli&egrave;re, comme le montre le foisonnement de rapports demand&eacute;s par le gouvernement de l&rsquo;&eacute;poque&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb12\" id=\"nh12\" name=\"nh12\" title=\"[12] Minc A., Sora A., 1978, L'informatisation de la soci\u00e9t\u00e9, Rapport \u00e0 M. le (...)\">12<\/a>].<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;introduction de la technologie dans les coll&egrave;ges est ainsi port&eacute;e par une volont&eacute; politique forte qui d&eacute;passe les clivages traditionnels&nbsp;: la tendance est amorc&eacute;e par la droite, et poursuivie par le gouvernement de gauche &agrave; partir de 1981.<\/p>\n<p class=\"spip\">En novembre 1981, Alain Savary, ministre de l&rsquo;&Eacute;ducation nationale, charge Louis Legrand de faire des propositions de r&eacute;forme afin de lutter contre l&rsquo;&eacute;chec scolaire, de combattre les in&eacute;galit&eacute;s scolaires. Louis Legrand sugg&egrave;re dans son rapport rendu en 1983, de r&eacute;&eacute;quilibrer les contenus trop abstraits du coll&egrave;ge, de remplacer l&rsquo;EMT par une &quot;&eacute;ducation technologique polytechnique&quot;, discipline de base de la sixi&egrave;me &agrave; la terminale. Ce nouvel enseignement serait une synth&egrave;se entre une technologie th&eacute;orique et une &quot;polytechnie&quot; fond&eacute;e sur des r&eacute;alisations pratiques. A la suite de ce rapport, Alain Savary demande &agrave; L. G&eacute;minard de pr&eacute;sider une Commission permanente de r&eacute;flexion sur les enseignements technologiques &ndash;COPRET- commission &agrave; l&rsquo;origine de la programmation de la technologie dans les coll&egrave;ges &agrave; partir de 1984. L&rsquo;inscription de la technologie dans les programmes d&rsquo;enseignement du coll&egrave;ge prend place dans un faisceau de mesures comme l&rsquo;encouragement des jumelages &eacute;coles-entreprises &agrave; partir de 1984 par Laurent Fabius et Jean-Pierre Chev&egrave;nement, la cr&eacute;ation des baccalaur&eacute;ats professionnels en 1985 et leur ouverture aux titulaires de BEP et CAP, la mise en place de la mission &quot;&eacute;ducation &eacute;conomie&quot; qui devient en 1986 le Haut comit&eacute; &eacute;ducation &eacute;conomie.<\/p>\n<p class=\"spip\">La COPRET se compose de chercheurs, de repr&eacute;sentants du monde &eacute;conomique, d&rsquo;une majorit&eacute; de repr&eacute;sentants de l&rsquo;enseignement technique et d&rsquo;une minorit&eacute; de professeurs d&rsquo;EMT. Le rapport de force au sein de la commission est en faveur de l&rsquo;enseignement technique. On compte ainsi cinq membres de l&rsquo;Inspection venant du technique, contre un charg&eacute; de mission d&rsquo;inspection g&eacute;n&eacute;rale d&rsquo;EMT, quatre professeurs de l&rsquo;enseignement professionnel contre un professeur d&rsquo;EMT. Deux directeurs d&rsquo;entreprise font par ailleurs partie de la commission&nbsp;: le directeur g&eacute;n&eacute;ral de la soci&eacute;t&eacute; &quot;Hydrom&eacute;canique et frottements&quot;, le directeur de la Soci&eacute;t&eacute; Bull. Nous soulignons ici les modifications dans la composition des commissions de r&eacute;formes scolaires qui incluent d&eacute;sormais des responsables d&rsquo;entreprise. De tels repr&eacute;sentants ne faisaient pas partie par exemple de la commission Lagarrigue. Parmi les Inspecteurs g&eacute;n&eacute;raux de l&rsquo;enseignement technique, pr&eacute;sents au sein de la COPRET, deux sont &eacute;galement membres du Haut Comit&eacute; Education Economie&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;introduction de la technologie dans les coll&egrave;ges est port&eacute;e par une volont&eacute; politique forte et soutenue par le monde des entreprises qui intervient &agrave; partir des ann&eacute;es quatre-vingts dans le d&eacute;bat &eacute;ducatif. Cette intervention est un plus par rapport &agrave; la p&eacute;riode pr&eacute;c&eacute;dente mais insuffisante pour rendre compte de la programmation effective de la technologie dans les coll&egrave;ges. A ces &eacute;l&eacute;ments s&rsquo;ajoutent, dans l&rsquo;institution scolaire, la constitution d&rsquo;un corps d&rsquo;enseignants sp&eacute;cialistes et la formalisation des contenus d&rsquo;enseignement. Cette formalisation contribue, relativement, &agrave; inscrire la mati&egrave;re dans la &quot;culture &eacute;tablie&quot;, celle qui valorise l&rsquo;abstraction.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">L&rsquo;association des techniques aux sciences<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\"><i class=\"spip\">La technologie enseign&eacute;e dans les coll&egrave;ges est institu&eacute;e pour transmettre des langages, des modes sp&eacute;cifiques de repr&eacute;sentation, des connaissances sur les mat&eacute;riaux et les processus de production. Elle valorise l&rsquo;explication th&eacute;orique des savoirs et des pratiques mis en &oelig;uvre dans l&rsquo;activit&eacute; technique<\/i> c&rsquo;est &agrave; dire l&rsquo;acquisition de connaissances et non plus simplement l&rsquo;activit&eacute; concr&egrave;te de fabrication. Le glissement est perceptible &agrave; travers la comparaison de deux circulaires minist&eacute;rielles&nbsp;: celle de 1977 invoquait &quot;l&rsquo;intelligence de l&rsquo;action&quot;, &quot;les capacit&eacute;s sensori-motrices&quot;, &quot;l&rsquo;habilet&eacute; du geste&quot;&nbsp;; celle de 1980 insiste sur &quot;l&rsquo;analyse, la d&eacute;duction, le raisonnement logique, l&rsquo;&eacute;mergence de concepts.&quot; Entendu au sens large de culture technique, l&rsquo;enseignement se veut &eacute;galement une sensibilisation au fait technique d&rsquo;un point de vue &eacute;conomique et social.<\/p>\n<p class=\"spip\">Ces deux objectifs sont explicitement formul&eacute;s dans les textes de la COPRET et les programmes de 1985 qui en d&eacute;coulent&nbsp;: &quot;L&rsquo;enseignement doit permettre l&rsquo;appropriation des d&eacute;marches suivantes&nbsp;: conception, &eacute;tude, r&eacute;alisation et utilisation des produits techniques. (&hellip;) Cet enseignement vise &agrave; faire comprendre &agrave; l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve comment les connaissances se mobilisent et s&rsquo;utilisent dans l&rsquo;action (Rapport COPRET, Technologie, textes de r&eacute;f&eacute;rence, pp. 64-65).&quot; &quot;Cet enseignement ouvre donc le coll&egrave;ge vers les lieux de production, &eacute;tablit des contacts avec les entreprises et les hommes qui con&ccedil;oivent, produisent et commercialisent. (&hellip;) La technologie est con&ccedil;ue dans une acception large, incluant les dimensions &eacute;conomiques et la gestion. Trois grands domaines ont &eacute;t&eacute; retenus, ils correspondent aux deux tiers du capital horaire&nbsp;: m&eacute;canique et automatique, &eacute;lectronique et informatique industrielle, &eacute;conomie et gestion (Programmes et instructions, 1985, pp. 281-292).&quot;<\/p>\n<p class=\"spip\"><i class=\"spip\">Le poids pris par l&rsquo;informatique dans les programmes de technologie est significatif du mouvement d&rsquo;intellectualisation qui happe la mati&egrave;re.<\/i> D&rsquo;abord sous-jacente &agrave; chacun des trois grands domaines qui constituaient les programmes initiaux, l&rsquo;informatique a acquis depuis 1994 une place explicite dans les programmes&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb13\" id=\"nh13\" name=\"nh13\" title=\"[13] &quot;Le Conseil national des programmes propose (\u2026) de rendre tous les (...)\">13<\/a>]. Il ne s&rsquo;agit pas seulement de ma&icirc;triser le traitement de texte, mais &eacute;galement d&rsquo;utiliser des bases de donn&eacute;es, d&rsquo;approcher la conception et la fabrication assist&eacute;e par ordinateur, le pilotage de maquettes&#8230;<\/p>\n<p class=\"spip\"><i class=\"spip\">La technologie semble tirer sa l&eacute;gitimit&eacute; de sa prise en charge de l&rsquo;informatique. A-t-elle sacrifi&eacute; le ph&eacute;nom&egrave;ne technique &agrave; l&rsquo;informatique,<\/i> sous-discipline des math&eacute;matiques&nbsp;? La place prise par l&rsquo;informatique, par la conception, par l&rsquo;acquisition de connaissances met en &eacute;vidence la fa&ccedil;on dont la technologie s&rsquo;est construite, par combinaison des sciences aux techniques.<\/p>\n<p class=\"spip\">Obligatoire depuis 1985 dans les coll&egrave;ges, l&rsquo;inscription de la technologie parmi les connaissances reconnues comme socialement n&eacute;cessaires &agrave; tous souligne la volont&eacute; de diversifier une culture scolaire domin&eacute;e jusqu&rsquo;alors par les savoirs scientifiques et humanistes. Pour autant, cette programmation n&rsquo;&eacute;quivaut pas &agrave; une reconnaissance de la technique comme une mati&egrave;re &agrave; parit&eacute; avec les sciences et les lettres. Nous avons d&eacute;taill&eacute;, pour le montrer, les modalit&eacute;s de l&rsquo;enseignement de la technologie qui, li&eacute;e aux sciences physiques, aux math&eacute;matiques et &agrave; l&rsquo;informatique, l&eacute;gitime la hi&eacute;rarchie des enseignements op&eacute;r&eacute;e par l&rsquo;&eacute;cole, les uns abstraits, destin&eacute;s &agrave; comprendre, les autres pratiques, ax&eacute;s sur le faire. Le recrutement des enseignants qui prennent en charge cette mati&egrave;re s&rsquo;est align&eacute; sur les formes universitaires institu&eacute;es&nbsp;: la licence, le CAPES, et dans la lign&eacute;e, la revendication d&rsquo;une agr&eacute;gation et d&rsquo;une fili&egrave;re de recherche universitaire. Si ces caract&eacute;ristiques contribuent &agrave; ancrer l&rsquo;inscription de la technologie dans les coll&egrave;ges, elles nient en m&ecirc;me temps sa sp&eacute;cificit&eacute;.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">Questionnements actuels<\/h3>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">1 &#8211; La d&eacute;marche d&rsquo;investigation (DI) introduite dans les nouveaux programmes de technologie en coll&egrave;ge&nbsp;: l&eacute;gitimit&eacute; et r&eacute;percussions identitaires.<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">La DI pr&ocirc;n&eacute;e en technologie dans les nouveaux programmes de coll&egrave;ge transforme profond&eacute;ment la discipline. D&rsquo;activit&eacute; productive, centr&eacute;e sur la fabrication, le travail sur un objet singulier, elle devient discipline d&rsquo;acquisition de connaissances et de comp&eacute;tences (Lebeaume, 2011). L&rsquo;enjeu de cette &eacute;volution&nbsp;: Certains pensent que l&rsquo;accent mis sur les savoirs, la formalisation donnerait &agrave; la mati&egrave;re une l&eacute;gitimit&eacute; qu&rsquo;elle peine &agrave; conqu&eacute;rir. Cette inscription dans les formes classiques de la discipline apporterait du cr&eacute;dit aux yeux des parents par exemple. Cette &eacute;volution de la discipline vers l&rsquo;acquisition de connaissances d&eacute;connect&eacute;es d&rsquo;un support de fabrication est qualifi&eacute;e positivement par l&rsquo;Inspection qui y voit un gage de s&eacute;rieux et de cr&eacute;dibilit&eacute;.<\/p>\n<p class=\"spip\">Quels sont les enjeux de la mise en place de la DI et les conditions de possibilit&eacute;s&nbsp;? Le passage d&rsquo;une d&eacute;marche de projet &agrave; une DI en technologie soul&egrave;ve des questions quant au maintien d&rsquo;une identit&eacute; disciplinaire. La DI est-elle possible en technologie ou est-ce une importation de la d&eacute;marche scientifique&nbsp;? Comment les enseignant peuvent-ils s&rsquo;approprier cette injonction sans &laquo;&nbsp;perdre leur &acirc;me&nbsp;&raquo;&nbsp;?<\/p>\n<p class=\"spip\">La DI, introduite dans les nouveaux programmes de technologie d&eacute;stabilise bon nombre d&rsquo;enseignants. Les plus exp&eacute;riment&eacute;s ont d&eacute;j&agrave; fait face aux nombreuses mutations qu&rsquo;a connues la discipline en coll&egrave;ge&nbsp;: de l&rsquo;&eacute;ducation manuelle et technique comportant des &eacute;l&eacute;ments de couture et de cuisine, &agrave; la technologie avec l&rsquo;introduction de l&rsquo;informatique et certains sont un peu d&eacute;sabus&eacute;s quand les autres se mobilisent dans des exp&eacute;rimentations. La DI se substitue aujourd&rsquo;hui &agrave; la d&eacute;marche de projet. Chaque &eacute;tape a &eacute;t&eacute; source de difficult&eacute;s pour les enseignants. Il faut d&eacute;sormais trouver les situations d&eacute;clenchantes, susceptibles de questionner les &eacute;l&egrave;ves&#8230; Ce n&rsquo;est pas simple&nbsp;: si la physique offre de nombreux exemples, la technologie semble poser probl&egrave;me d&rsquo;autant que sur de nombreux sites, comme ceux de la main &agrave; la p&acirc;te pour le secondaire, il n&rsquo;y a rien en technologie. Tout est focalis&eacute; sur les sciences physiques et les SVT.<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;&eacute;tape de la formalisation des connaissances pose &eacute;galement probl&egrave;me aux enseignants car il s&rsquo;agit d&rsquo;un renversement de perspectives par rapport aux pratiques en cours. A travers la crainte de la formalisation, c&rsquo;est le sentiment de perte d&rsquo;identit&eacute; disciplinaire que certains enseignants expriment. Ils rejoignent les inqui&eacute;tudes d&rsquo;enseignants r&eacute;unis au sein de l&rsquo;Association des enseignants d&rsquo;activit&eacute;s technologiques (AEAT) qui critiquent les nouveaux programmes qui ne donnent plus la possibilit&eacute; de mener des r&eacute;alisations techniques individuelles. C&rsquo;est bien la suppression dans le cursus commun obligatoire de toute activit&eacute; de fabrication qui est ici en jeu.<\/p>\n<p class=\"spip\">Il faut enfin &eacute;valuer, mais que faut-il &eacute;valuer&nbsp;? La d&eacute;marche des &eacute;l&egrave;ves ou les connaissances acquises&nbsp;? Sans compter qu&rsquo;il faut parall&egrave;lement &eacute;valuer les comp&eacute;tences du socle commun.<\/p>\n<p class=\"spip\">Les enseignants mettent en place la DI de mani&egrave;re diff&eacute;renci&eacute;e. Les dispositifs tiennent notamment &agrave; leurs parcours traduisant un effet de &laquo;&nbsp;g&eacute;n&eacute;ration&nbsp;&raquo; (Tanguy, 1991). Dans les cas &eacute;tudi&eacute;s, le professeur de technologie ayant suivi un cursus universitaire puis &eacute;tant entr&eacute; directement dans l&rsquo;enseignement est plus familier avec la d&eacute;marche que ne l&rsquo;est une enseignante ayant pourtant plus d&rsquo;exp&eacute;rience.<\/p>\n<p class=\"spip\">Au sein de la DI, l&rsquo;&eacute;tape de la formalisation des connaissances semble difficilement compatible aux yeux des enseignants avec la motivation des &eacute;l&egrave;ves. Les enseignants mettent l&rsquo;accent sur la dimension d&rsquo;exp&eacute;rimentations r&eacute;alis&eacute;es par les &eacute;l&egrave;ves, sur la phase essais\/erreurs et sur l&rsquo;&eacute;mulation entre groupes qui en r&eacute;sulte. Une formalisation assortie d&rsquo;une notation viendrait briser cet enthousiasme. Les &eacute;l&egrave;ves s&rsquo;accordent le droit de se tromper, prennent confiance et cela est essentiel &agrave; leurs yeux. Certains enseignants relatent les difficult&eacute;s qu&rsquo;ils ont &agrave; faire travailler les &eacute;l&egrave;ves &agrave; l&rsquo;&eacute;crit et la place restreinte qu&rsquo;ils accordent de leur propre chef &agrave; l&rsquo;&eacute;crit dans les s&eacute;ances. La d&eacute;marche d&rsquo;investigation mise en &oelig;uvre en technologie s&rsquo;&eacute;loigne des formes disciplinaires classiques. Il n&rsquo;y a pas de transmission magistrale ni de devoir sur papier. Ce que les enseignants mettent en avant ce sont les dimensions d&rsquo;autonomie, de libert&eacute; et d&rsquo;aisance. Ils expriment &eacute;galement le souci de la place r&eacute;serv&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve en difficult&eacute; qui s&rsquo;exprime dans la manipulation, dans le concret et prend confiance.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">2 &#8211; Quel lien entre ces &eacute;volutions et la d&eacute;mocratisation de l&rsquo;enseignement&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">On assiste depuis les ann&eacute;es 1990 &agrave; un mouvement de d&eacute;compartimentation des disciplines. L&rsquo;objectif du nouveau curriculum formel, ancr&eacute; dans l&rsquo;exigence de la construction d&rsquo;une Europe de la connaissance (strat&eacute;gie de Lisbonne), semble &ecirc;tre d&rsquo;unifier les objectifs des diff&eacute;rentes disciplines. Cet objectif s&rsquo;actualise dans l&rsquo;enseignement int&eacute;gr&eacute;, dans les exp&eacute;rimentations de projets interdisciplinaires ou encore dans la mise en place de th&egrave;mes de convergence. Young a identifi&eacute; des tendances convergentes dans les politiques europ&eacute;ennes et internationales en particulier &laquo;&nbsp;le passage d&rsquo;un cursus articul&eacute; sur des sujets disciplinaires &agrave; un cursus g&eacute;n&eacute;rique&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;la r&eacute;duction des contenus disciplinaires des curricula&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;la promotion de th&egrave;mes transdisciplinaires&nbsp;&raquo; (Young, 2010). Parall&egrave;lement les approches exp&eacute;rimentales et les d&eacute;marches d&rsquo;investigation s&rsquo;imposent dans les programmes des disciplines scientifiques et technologiques. Ces &eacute;volutions relatives aux contenus enseign&eacute;s et aux d&eacute;marches sont objets d&rsquo;&eacute;tude des didactiques&nbsp;; elles questionnent &eacute;galement la sociologie. Quel est le lien entre ces &eacute;volutions et la d&eacute;mocratisation de l&rsquo;enseignement&nbsp;? Les d&eacute;marches exp&eacute;rimentales en particulier peuvent laisser craindre une &laquo;&nbsp;s&eacute;lection sociale occulte&nbsp;&raquo;&nbsp;[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nb14\" id=\"nh14\" name=\"nh14\" title=\"[14] On pourra consulter sur le sujet le dossier de la veille scientifique (...)\">14<\/a>] en cantonnant &agrave; la manipulation les &eacute;l&egrave;ves les plus en butes &agrave; l&rsquo;abstraction et &agrave; la forme scolaire classique.<\/p>\n<\/div>\n<h2>Notes<\/h2>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh1\" name=\"nb1\" title=\"Notes 1\">1<\/a>] Cf. circulaire du 7 septembre 1962 qui a pour objet l&rsquo;&quot;Enseignement de la technologie&quot; (BO du 17-9-62), compl&eacute;t&eacute;e par les instructions du 1er juillet 1963 &quot;Enseignement de la technologie dans les classes de 4&egrave;me et de 3&egrave;me modernes&quot; (BO du 11-7-63).<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh2\" name=\"nb2\" title=\"Notes 2\">2<\/a>] Cette direction a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e afin de coiffer les trois directions d&rsquo;enseignement (&eacute;l&eacute;mentaire et compl&eacute;mentaire, classique et moderne, technique) par un ensemble de bureaux charg&eacute; des questions g&eacute;n&eacute;rales comme l&rsquo;orientation et la coordination p&eacute;dagogique, les programmes financiers et la carte scolaire.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh3\" name=\"nb3\" title=\"Notes 3\">3<\/a>] Voir par exemple l&rsquo;article 2&nbsp;: &quot;les enseignements scolaires et universitaires ont pour but de dispenser les &eacute;l&eacute;ments de base et une culture g&eacute;n&eacute;rale incluant des donn&eacute;es scientifiques et techniques&nbsp;: de pr&eacute;parer &agrave; une qualification et de concourir &agrave; son perfectionnement et &agrave; son adaptation au cours de la vie professionnelle&quot;.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh4\" name=\"nb4\" title=\"Notes 4\">4<\/a>] Ils interviennent &agrave; l&rsquo;&eacute;poque par le biais d&rsquo;articles parus dans diverses revues&nbsp;: Combarnous M., 1963, &quot;La technologie, sa valeur et les conditions de son enseignement&quot;, <i class=\"spip\">Les Cahiers p&eacute;dagogiques<\/i>, novembre, pp. 9-11&nbsp;; Seguin J., 1964, &quot;La technologie &lsquo;sans fabrication&rsquo;&quot;, <i class=\"spip\">L&rsquo;&Eacute;ducation nationale<\/i>, n&deg;28, 15 octobre, pp. 10-12&nbsp;; Campa A., 1963, &quot;L&rsquo;Enseignement de la technologie dans les classes de quatri&egrave;me et de troisi&egrave;me moderne&quot;, <i class=\"spip\">Le Cours industriel<\/i>, f&eacute;vrier, n&deg;5, pp. 129-33. A.Campa est par ailleurs auteur de <i class=\"spip\">L&rsquo;ing&eacute;nieur et le technicien<\/i> (1964).<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh5\" name=\"nb5\" title=\"Notes 5\">5<\/a>] Ces informations biographiques sont extraites pour partie de textes de travail de Daniel Tacaille, distribu&eacute;s &agrave; l&rsquo;occasion de s&eacute;minaires de doctorants qui se sont d&eacute;roul&eacute;s &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Nanterre.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh6\" name=\"nb6\" title=\"Notes 6\">6<\/a>] Les modules sont de petites unit&eacute;s centr&eacute;es chacune sur un th&egrave;me &agrave; dominante physique ou technologique. Chaque module correspond approximativement &agrave; un enseignement de trente heures&nbsp;; il propose une liste d&rsquo;objectifs &eacute;ducatifs, du mat&eacute;riel appropri&eacute;, un ou plusieurs exemples de progression p&eacute;dagogique et des modes de contr&ocirc;le et d&rsquo;observation des &eacute;l&egrave;ves (Lebeaume J., 1996).<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh7\" name=\"nb7\" title=\"Notes 7\">7<\/a>] &eacute;labor&eacute; plus pr&eacute;cis&eacute;ment d&rsquo;apr&egrave;s une id&eacute;e de R. Ducel, par l&rsquo;&eacute;quipe J. Chabal, J.-L. Martinand, R. de Prustu, J. Simonetti.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh8\" name=\"nb8\" title=\"Notes 8\">8<\/a>] L&rsquo;&eacute;quipement choisi permet d&rsquo;atteindre ces objectifs&nbsp;: machine-outil polyvalente (tour, fraiseuse, perceuse)&nbsp;; ensemble (cisaille &agrave; levier, poin&ccedil;onneuse, plieuse) permettant le travail des t&ocirc;les minces&nbsp;; lot d&rsquo;outillages. Pezet R., 1985, &quot;Le module exp&eacute;rimental &lsquo;techniques de fabrication&rsquo;&quot;, <i class=\"spip\">Les Cahiers p&eacute;dagogiques<\/i>, n&deg;233, avril, pp. 19-22.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh9\" name=\"nb9\" title=\"Notes 9\">9<\/a>] Haby R., 1962, &quot;Une discipline nouvelle dans le cycle d&rsquo;observation&quot;, <i class=\"spip\">L&rsquo;&Eacute;ducation nationale<\/i>, n&deg;14, pp. 19-20.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh10\" name=\"nb10\" title=\"Notes 10\">10<\/a>] Haby R., 1975, &quot;Pour une modernisation du syst&egrave;me &eacute;ducatif&quot;, Paris, <i class=\"spip\">La documentation fran&ccedil;aise<\/i>, Les Cahiers fran&ccedil;ais, pp. 10 et 20.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh11\" name=\"nb11\" title=\"Notes 11\">11<\/a>] Les CPPN et les CPA ont &eacute;t&eacute; mises en place par la loi sur les enseignements technologiques de juillet 1971, elles remplacent les anciennes classes pratiques.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh12\" name=\"nb12\" title=\"Notes 12\">12<\/a>] Minc A., Sora A., 1978, <i class=\"spip\">L&rsquo;informatisation de la soci&eacute;t&eacute;<\/i>, Rapport &agrave; M.&nbsp;le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Paris, La Documentation fran&ccedil;aise&nbsp;; Simon J.-C., 1980, <i class=\"spip\">&Eacute;ducation et informatisation de la soci&eacute;t&eacute;<\/i>, Rapport &agrave; M.&nbsp;le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Paris, La Documentation fran&ccedil;aise&nbsp;; Le Correy Y., Pair C., 1981, <i class=\"spip\">Introduction de l&rsquo;informatique &agrave; l&rsquo;Education nationale<\/i>, Rapport &agrave; M.&nbsp;le Ministre de l&rsquo;&Eacute;ducation nationale, Service d&rsquo;information du minist&egrave;re&nbsp;; Minist&egrave;re de l&rsquo;&Eacute;ducation nationale, 1984, <i class=\"spip\">Informatique et enseignement<\/i>, Actes du colloque national de Paris, 21-22 novembre 1983, Paris, La Documentation fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh13\" name=\"nb13\" title=\"Notes 13\">13<\/a>] &quot;Le Conseil national des programmes propose (&hellip;) de rendre tous les &eacute;l&egrave;ves aptes, en fin de 5&egrave;me, &agrave; une utilisation raisonn&eacute;e des outils informatiques en confiant cette mission essentielle &agrave; la technologie&quot; Ferry L., 1995, p. 162.<\/p>\n<p class=\"spip_note\">[<a class=\"spip_note\" href=\"http:\/\/www.democratisation-scolaire.fr\/spip.php?article150#nh14\" name=\"nb14\" title=\"Notes 14\">14<\/a>] On pourra consulter sur le sujet le dossier de la veille scientifique de l&rsquo;INRP intitul&eacute; &laquo;&nbsp;d&eacute;marche exp&eacute;rimentale et apprentissages math&eacute;matiques&nbsp;&raquo;, avril 2007. http:\/\/193.51.247.174\/vst\/Dossiers\/Demarche_experimentale\/Dossier_demarche_experimentale.pdf<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&eacute;mocratisation scolaire, mardi 11 septembre 2012, par Isabelle Harl&eacute; 1962-1976&nbsp;: les premi&egrave;res tentatives d&rsquo;introduction de la technologie au coll&egrave;ge 1 &#8211; La technologie &laquo;&nbsp;Capelle&nbsp;&raquo; Jean Capelle est l&rsquo;initiateur du premier enseignement de technologie en 1962&nbsp;[1]. La formation qu&rsquo;il a suivie, &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/2012\/10\/23\/lenseignement-de-la-technologie-de-1960-a-nos-jours-reformes-et-debats\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">L\u2019enseignement de la technologie de 1960 \u00e0 nos jours : r\u00e9formes et d\u00e9bats<\/span> Read More &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1318","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1318","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1318"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1318\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/libreduc.cc\/blog\/astuce\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}